Ap. UzANNE, iVo.s amt.s^ /es liores,xi, p
2. Aj). Peignot, Manuel du bibliophile, t. I, p. 19. r». Ap. F^EiGNOT, op. cit., t. I, pp. 19-20.
4. A celle série d'affirmalions, il esl bon d'opposer la légitime reslricUon de M. Jules Claretie {Causeries sur ma hibliothèque, dans les Annales littéraires des bibliophile^ rantemporains, 1890, p. 5) : « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es. L'axiome peut être vrai pour un particulier qui choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une bibliothèque comme on composerait un bouquet.... Mais la vérité n'est plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout garder, après avoir tout lu. "
T). Jules Claretie, le Figaro, 18 septembre 1905.
lettré ne peut se dispenser d'avoir sous la main', » a fait la remarque suivante :
t. E. Ledeain, r Illustration, 26 novembre 1904, p. 567. « Sainte-Beuve, le plus vaste tempérament littéraire qu'on ait vu depuis Gœthe, •> a dit Auguste Vitu {ap. Charles MoNSELET, Mes souvenirs littéraires, p. 164). <• Sainte-Beuve, c'est-à-dire le plus accompli de tous les critiques, celui qui a su précisément atteindre, dans le développement du genre, ce point unique de perfection après lequel, l'idéal étant réalisé, il n'y a plus qu'exagération ou faiblesse, les témérités infécondes de la « critique scientifique », ou le retour en arrière à un dogmatisme littéraire également stérile. » (Paul StapfeRj Des réputations littéraires, t. I, p. 142.) " Taine a eu raison quand il a proclamé Sainte-Beuve, en notre temps, un des cinq ou six serviteurs les plus utiles de l'esprit humain; Weiss a dit vrai quand il affirma que, depuis Gœthe, notre siècle n'a pas produit de plus grand critique et qu'il a produit bien peu d'aussi grands esprits. Prenez un volume au hasard, dans cette œuvre vraiment prodigieuse par le travail, par le savoir et par le talent: vous y trouverez certainement, sur un auteur ancien ou moderne, grave ou léger, étranger ou national, qu'il soit orateur ou historien, mémorialiste ou conteur, philosophe ou dramaturge, prosateur ou poète, un jugement original, des points de vue nouveaux, cent détails curieux, rares, toujours exacts et scrupuleusement contrôlés.... Mais surtout, on ne saurait trop le redire, quelle étendue de connaissances! quelle variété inouïe! Sainte- Beuve sait tout, goûte et pénètre tout. Rien ne le surprend.... » (François Coppée, Discours prononcé à Paris le 10 juin 1898, lors de l'inauguration du monument de Sainte- Beuve au Luxembourg, Revue encyclopédique, 9 juillet 1898, p. 641.) « ... Avec les Causeries du lundi, et les Nouveaux Lundis, Sainte-Beuve poursuivait, pendant prèsde vingtans. chaque semaine, un cours de littérature universelle. Et quel cours! le plus souple, le plus vivant, le plus nourri. Bénédictin la'ique, Sainte-Beuve... » etc. (Gustave Larrolmet. Discours prononcé à Paris le 19 juin 1898, ibid.) •< ... On pourrait appeler Sainte-Beuve le Balzac de la critique....
l'amour dks livres et de la lecture. 199
« Ne |)as avoir le sniliincMil des Lcllros^ coin, <*lioz les anciens, voulail dire ne pas avoir !<' scnlimenl de la vertu, de la i^loire, de la grâce, de la heaulé, en un mol de loni ce qu'il y a de véritable- Sainte-Beuve reconslilue la coiiiéclie humaine «lautrelois, avec rinlinie variété de ses épisodes et de ses types. Il en l'appelle un à un les acteurs, les témoins; il les interroge, il les étudie séparémonl, et il réussit à vous léi^^ier une 4i'uvre sans i)récédent, un trésor de monoifrapliies, une immense t^alorie de portraits où l'histoire revit dans ses ]>ersonnages. et chacun de ces |>ortrails a le fini d'une miniature, avec la fermeté d'un tableau de maître; c'est le triomphe d'un art consommé et sur, patient, contenu, tout en nuances; ex<iuis dans sa discrétion. ■• (Albert Vandal, Discours prononcé à Paris le 10 juin 18<)8, ibicf., p. OW.) ■• Saintelîeuve... ce cerveau encyclopédi(iue, égal à celui d'un (iœthe, a laissé une œuvre que doivent consulter page à j)age tous ceux qui, après lui. veulent reprendre les sujets <iu'il a traités.... Il fut, en vérité, le plus com|)réhensif des juges, des divinateurs d'àmes.... Naturaliste de génie, rien ne lui semblait à dédaigner dans la nature, et toujours il chercha la vérité, l'àprc vérité, disait Stendhal.... -. (Jules C.LAiŒTiE, Discours prononcé à Boulogne-sur-Mer le 1<S décembre 1904, le Temp.s, 19 décembre 1904.; C'est Sainte- Beuve qui, parvenu presque au terme de son existence, enregistrait et signait cet aveu i)lein de sagesse : « Je sens mieux de jour en jour combien il faut savoir de choses pour parler de n'imi)orte (juoi sans dire une bêtise î » [Noiiveauj' Lundis, t. VIll, p. 497, Errata.)
1. Remarquons, en passant, que Sainte-Beuve a soin, le plus -ouvent, d'écrire Lettres (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec une majuscule : homme de Lettres, gens de Lettres, la république des Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. Causeries dtt lundi, ô" ou i" édit., t. I pp. 42, 51, 114, 238,240, 259...; t. II, pp. 45, 55, 61, 105, 105...; t. m, pp. 2,6, 12, 39, 124...: t. IV, pp. 173, 175, 222, 224, 246... • t. V, pp. 4, 5, 6, 26, 38, 268, 282...: t. Vt. pp. 64, 100, 1.54, 155,' 162, 163, 180... Etc.;
ment divin sur la terre : que ce soit là encore notre symbole'.» « Heureux, écrit-il ailleurs-, heureux ceux qui lisent, qui relisent, ceux qui peuvent obéir à leur libre inclination dans leurs lectures! Il vient une saison, dans la vie, où, tous les voyages étant faits, toutes les expériences achevées, on n'a pas de plus vives jouissances que d'étudier et dapprofondir les choses qu'on sait, de savourer ce quon sent, comme de voir et de revoir les gens qu'on aime : pures délices du cœur et du goût dans la maturité.... Le goût est fait alors, il est formé et définitif ; le bon sens chez nous, s'il doit venir, est consommé. On n'a plus le temps d'essayer, ni l'envie de sortir à la découverte. On s'en tient à ses amis, à ceux qu'un long commerce a éprouvés. Vieux vin, vieux livres, vieux amis^ On se dit, comme Voltaire, dans ces vers délicieux* :
.loiiissons, écrivons, vivons, mon cher Horace!
J"ai vécu plus que toi: mes vers dureront moins- Mais, au bord du tombeau, je mettrai tous mes soins A suivre les leçons de ta philosophie, A mépriser la mort en savourant la vie, A lire tes écrits pleins de irràce et de sens, Comme on boit d'un vin vieux qui rajeunit les sens.