NoHvcaKj- Limdis, t. IX, pp
2, Cf. le mol de Gray, Infra, t. IL cliap. ix, les Romans.
une belle campagne, un livre à la main, el en le fermant quelquefois, sans passion, sans désir, tout à la réflexion de la pensée; le temps où, comme le Liseur de Meissonier, dans sa chambre solitaire, une après-midi de dimanche, près de la fenêtre ouverte qu'encadre le chèvrefeuille, on lisait un livre unique et chéri? Heureux âge, où est-il? et que rien n'y ressemble moins que d'être toujours sur les épines comme aujourd'hui enlisant, que de prendre garde à chaque pas, de se questionner sans cesse, de se demander si c'est le bon texte, s'il n'y a pas d'altération, si l'auteur qu'on goûte na pas pris cela ailleurs, s'il a copié la réalité ou s'il a inventé, sil est bien original et comment, s'il a été fidèle à sa nature, à sa race... et mille autres questionsqui gâtentle plaisir, engendrent le doute, vous font gratter votre front, vous obligent à monter à votre bibliothèque, à grimper aux plus hauts rayons, à remuer tous vos livres, à consulter^ à compulser, à redevenir un travailleur et un ouvrier enfin, au lieu d'un voluptueux et d'un délicat qui respirait l'esprit des choses et n'en prenait que ce qu'il en faut pour s'y délecter et s'y complaire! Épicurisme du goût, à jamais perdu, je le crains, interdit, désormais du moins, à tout critique, religion dernière de ceux mômes qui n'avaient plus que cellelà S dernier honneur et dernière vertu des Hamilton et des Pétrone, comme je te comprends, comme je 4. Cf. infra, t. II, chnp. i la Religion des Lettres.
lo roi>n*llc, iiKMiio en le coinhalLml, mOmc on l.'nbj 11 m ut î »
Aillours encore' :
« Heureux qui peut encore cultiver les LeUres omme du temps de nos pères, dans la retraite ou dîins un demi-loisir, faisant aux afVaires, aux inévitables ennuis, leur part, et se réservant l'autre: s'écriant avec le poète : 0 campagne, quand le revcrrai-je? et la revoyant quelquefois; et là, dans la paix, dans le silence, mûrissant (juclciues jjeaux fruits préférés; résumant, dans quelque livre choisi, et qu'on ne recommence pas, les héros de son imagination ou de son cœur, ou, comme Montaigne, le suc le plus exquis de ses lectures et de son étude ! La littérature ainsi comprise et cullivée se peut appeler la fleur et le parfum de làme^ »
Et quelque temps avant sa mort, le 11 novemln'e IX(»7, Sainte-Beuve écrivait à M. Emile Page : <c,.. Plus que jamais, à mesure que la santé se retire,