VHonneur et l'Argent, III, vi
I)î»ns les souvenirs do jcunosso du grand historien MicHKLKT (1798-1874) se trouve une page très déli- <ale et très touchante rehitive aux livres : « ... .Fai pourtant dû aller contnMer l'estiniation qu'on a laite <les livres de mon pauvre ami (Poinsot). Je les ai trouvés épars dans un grenier. Rien de plus triste (jue de voir partir ainsi noire Ame, nos livres, ces amis qui nous ont formés ou soutenus, encouragés, pyf'xervés, grandis!... Quand je regarde les trois ou (piatre planches de bois blanc qui composent toute ma bibliothèque, je soullVe de n'avoir pas encore îes moyens de m'acheter une belle armoire vitrée, où j'enfermerais cette centaine de volumes avec le soin jaloux de l'avare qui met sous clef son trésor'. »
Edouard Laboulayi: (1811-1380) a maintes fois parlé, et en excellents termes, des secours que nous offrent les livres et la lecture :
« La lecture n'est pas la science universelle, ce n'est pas non plus la sagesse universelle ; mais un homme qui a pris l'habitude de lire peut toujours consulter, sur chaque question donnée, une expérience plus grande que la sienne, et une expérience désintéressée.... Le livre est donc l'expérience du passé. C'est mieux encore : un livre est quelque chose de vivant, c'est une àme qui revit en quelque sorte, et qui nous répond chaque fois que nous vou-