AUTEURS
Thugydidk (471-401 av. J.-C), assistant, à l'âge do quinze ans, à une lecture qu'Hérodote faisait de ses Histoires devant le peuple d'Athènes, fut tellement frappé de la beauté du style, qu'il entra dans une espèce de transport et d'enthousiasme, et versa des larmes de joie^
Démosthène (581-322 av. J.-C.) faisait tani do cas iU' Vlfisloire de Thucydide, qu'il la copia « jusqu'à huit fois de sa belle écriture^ », pour nii<Mix so pénétrer du style de cet historien.
1. Peigxot, Mamtel du bibliuj)hil<', t. I. p. ."1. — (^'esl tli> même à Peignot, dont la seconde partie du Manuel du biblio- It/iile, t. ï, pp. 29 à 415 (ou son Traité du choix des livres. I»p. 14 à '207), est consacrée à la " Prédilection particulière «lue des hommes célèbres de tous les temp?i ont eue pour < erfains ouvrages et surtout pour les chefs-d'œuvre littéraires ». que j'emprunte les détails suivants ci-dessus non accompagnés d'indications de sources.
•2. Cf. LuciEX, Contre un ignorant bibliomane. IV, trad. Talbot, t. II, p. Ti2.
Alexandre le Quand (556-325 av. J.-C.) avait un tel culte pour Homère, qu'il portait toujours r Iliade avec lui, et, en se couchant, la mettait sous son chevet avec son épée. Après la défaite de Darius, on trouva, parmi les dépouilles de ce prince, une cassette d'un très beau travail et de très grande valeur: on la porta à Alexandre, qui aussitôt y renferma l'Iliade en disant : « Il est naturel que l'ouvrage le plus parfait de Fesprit humain soit renfermé dans la cassette la plus précieuse du monde ^ ». Traversant un jour le Sigée et voyant le tombeau d'Achille : « 0 fortuné héros, s'écria-t-il, d'avoir eu un Homère pour chanter tes victoires ! »
SciPiON l'Africain (255-185 av. J.-C.) et Lucullus (115-47 av. J.-C.) faisaient leurs délices des ouvrages de Xénophon.
CicÉRON (106-45 av^ J.-C.) regardait Démosthène comme le plus grand de tous les orateurs dans tous les genres. Un jour qu'on lui demandait quel était le plus beau discours de Démosthène, il répondit : « Le plus long ». Outre Démosthène, Cicéron avait une prédilection marquée pour Aristote, Platon et Théophraste.
Marcus Brutus (86-42 av. J.-C), l'assassin de César, lisait sans relâche VHistoire de Polybe, et il en fit un abrégé pour son usage personnel.
Virgile (70-19 av. J.-C.) avait un tel culte pour