Peignot, op. cit., t. 1, p
■2. Lamartine, Lectut'es pour tous, Vie de Bossuel, pp. 4'20-42L (Paris, Hachette, 1860.)
5. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XI, Notes et Pensées, p. 462.
4. Cf. Lamartine, les Confidences, livre XI, xvi, p. 515. (Paris, M. Lévy, 1855.)
riiumanité »*, La Fontaine de « vieillard égoïste » et de « philosophe cynique » aussi-, se montre indul-
\. a Rabelais, de qui découlent les Lettres françaises, » disait, au contraire, Chateaubriand. (Cf. Sainte-Beuve, op. rit., t. XI, p. 502.) "... Rabelais, un écrivain si ample, si complet et si maître en sa manière de dire (pour ne le prendre que par cet endroit) qu'il y aurait vraiment à le comparer à Platon, si l'on ne voyait en lui (jue la forme, et non ce qu'il y a mis, et que l'on pourrait a^ ancer sans blasphème que la langue de Massillon (encore une fois, je parle de la langue uniquement) n'est, par rapport à celle de Rabelais, qu'une langue plutôt de corruption, de mollesse déjà commençante et de décadence. » (Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire, t. I, p. 29.) « A Pantagruel commence à poindre la liberté, et j'ose dire la morale. Pantagruel est l'écrasement de l'idéal, le précurseur de Voltaire, la Révolution.... Nous avons entendu M. de Lamartine traiter Rabelais d'infâme cynique! Pareille insulte devait lui venir du plus mou et du plus efféminé de nos idéalistes. Rabelais est chaste entre tous les écrivains, et Pantagruel honorable entre tous les héros. >• (Proudhon, De la Justice dana la Révolution, t. III, p. 315. Bruxelles, Lacroix, 1868.) «... Sans doute, ils (les livres de Rabelais) ne sont pas lecture déjeunes femmes; mais ils ne contiennent pas un atome d'immoralité. L'immoralité littéraire est dans les peintures lascives et dans les narrations complaisantes d'actes honteux. De ces narrations et de ces peintures il n'y en a pas une, je dis pas une, dans Rabelais. » Etc. (Emile Faguet, Seizième Siècle, p. 125.) « Parlez-moi de Rabelais, voilà mon homme! Que de profondeur, que de verve! Que Voltaire, près de lui, est un petit garçon! Montaigne lui-même n'en approche pas.... Rabelais, sous sa robe de bateleur, avait le mal en haine, et c'était tout un monde nouveau que sa sublime folie aspirait à créer. Il n'y a point, dans notre langue ni dans aucune langue, d'ouvrage plus sérieux que le sien. Il l'est quelquefois jusqu'à effrayer. » (Lamennais. Correspondance, lettre au baron de Vitrolles, ap. Jules Levallois, Revue bleue, 2 juin 1894, p. 680.)
2. Sur ces divers qualificatifs, cf. Proudhon, op. cit., t. III,
gent et doux en se contentant d appeler Horace « une mauvaise rencontre ».
BouRDALOuE (1655-1704) relisait tous les ans saint Paul, saint Chrysostome et Cicéron.
Bayle (1047-1706) tomba malade, à dix-neuf ans, par suite de ses excès de lecture; il lisait tout ce qu'il rencontrait sous sa main, mais relisait Plutarque et Montaigne de préférence ^ Dans une lettre datée de Genève et adressée à son frère, il fait cet aveu^ : « Le dernier livre que je vois (que je lis) est celui que je préfère à tous les autres ». Et il ajoute : « Il est certain que jamais amant volage n'a plus souvent changé de maîtresse, que moi de livres ». Il en étail
p. 515; Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XI, p. 502; et Lamartine, Premières Méditations, Préface, pp. 5-6. De mémo que tout à l'heure pour Rabelais, donnons ici, en note, pour La Fontaine, un correctif aux brutales épithètes de Lamartine : « Il y a, dans La Fontaine, une plénitude de poésie qu'on ne trouve nulle part dans les autres auteurs français. » (Joubert, Pensées, t. II, p. 579.) « ...Elle (la postérité) reconnaît La Fontaine pour l'auteur qui a le plus reproduit en lui et dans sa poésie toute réelle les traits de la race et du génie de nos pères, et, si un critique plus hardi que Voltaire (ce critique, le premier en date, est Joubert : cf. Sainte-Beuve. Portrnits littéraires, t. II, p. 515) vient à dire : « Notre véritable Homère, l'Homère des Fran- .' çais, qui le croirait? c'est La Fontaine, » cette postérité y réfléchit un moment, et elle finit par répondre : « C'est vrai ». (Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VII, p. 519.) « C'est La Fontaine qui est notre Homère, ■> (Taine, La Fontaine et ses fables, p. 46.)
i. Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. I. p. 366.