ihid., VIII, 19; t. II, pp
l'amour des livres et de la lecture. 21 pou s'en l'aul, d'aimer les belles-lettres et d'aimer Pline' »; et il nous a laissé, dans ses exquises let- I res, particulièrement dans celle qu'il consacre aux écrits de son oncle le Naturaliste % de sages précoptes sur la façon de lire et de profiter de ses lectures.
Plutarque (50-159 ap. J.-C), ce « si parlait et excellent juge des actions humaines^ », nous avertit que « le plus grand fruit que les hommes apportent (liront) de la douceur et bénignité des Muses, c'està-dire de la connaissance des bonnes lettres, c'est (pi'ils on domptent et adoucissent leur nature, qui ostoit auparavant sauvage et farouche, trouvant, avec le compas de la raison, le moyen, et rejetant le trop*, » comprenant, en d'autres termes, qu'il faut aimor la modération et bannir de nous tout excès. Plutarque nous conte encore, entre autres « dicts
1. ■' Neque enim est fere quisquam qui studia, ut non simul et nos amet. » {Lettres, I, 17.; t. I, pp. 48-49.) Ainsi que Cicéron, Pline le Jeune, malgré ses défauts, son manque de naturel et de souplesse notamment, a toujours été, de la part des amis des Lettres, l'objet d'une intime affection : « Jamais le sentiment littéraire proprement dit, la passion des belles études et de l'honneur qu'elles procurent... n'a été poussé plus loin et plus heureusement cultivé que chez Pline le Jeune. » Etc. (Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. II, p. tJO.)
'2. Knd., III, 5: t. I, pp. 188-195.
3. Montaigne. Essais, II, ii; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier, 1862.)
4. Vie de Coriolan, trad. Amyol, t. II, p. 226. (Paris, Baslien, 1784.)
notables » à la louange des livres, que « Démétrius de Phalère conseilloit au roi Ptolémée d'acheter et lire les livres qui traitent du gouvernement des royaumes et seigneuries; car ce que les mignons de cour n'osent dire à leurs princes est écrit dans ces livres-là' ».
« Il y a deux avantages qu'on peut retirer du commerce avec les anciens : l'un est de s'exprimer avec élégance, l'autre d'apprendre à faire le bien par l'imitation des meilleurs modèles, et à éviter le mal, » écrit Lucien de Samosate (120-200?), dans sa virulente satire Contre un ignorant bibliomane^. Et il se raille de ce fat « qui croit en imposer par le nombre de ses livres »:«... Tu peux les prêter à d'autres, mais tu n'en saurais faire usage. Et cependant tu n'en as jamais prêté à qui que ce soit; tu es comme le chien qui, couché dans l'écurie, et ne pouvant manger d'orge, ne permet pas au cheval d'en prendre, lui qui peut en manger \ » Etc.
On rencontre ailleurs encore, dans Catulle (86 av. J.-C.-..), dans Horace (64 av. J.-C.-8 ap. J.-C), dans Ovide (45 av. J.-C.-17 ap. J.-C), dans Martial (43-104 ap. J.-C), dans Suétone (65-155), dans Aun - Celle (ii"^ siècle), dans Athénée (iii^ siècle), etc., plus d'une utile réflexion et dune judicieuse sen-
1. Œuvres morales, les Dicls notables, etc., trad. Amyot, t. X,p. 61.
2. XVII ; trad. Talbot, t. II, p. 278. (Paris, Hachette, 1866.)