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l'amour des livres et de la lecture. 23 loncc sur les livres et les Lctlres, ou plus d'un renseignement intéressant sur Tétai et les progrès de la bibliophilie.
Ainsi Catulle nous décrit en ces termes les luxueux livres de son temps : « Varrus, ce Sulîenus (jue tu connais est un homme élégant, spirituel et poli; il fait énormément de vers; il en a, je crois, dix mille et plus d'écrits; et non pas, comme c'est l'usage, sur l'humble palimpseste, mais sur papier royal, avec couvertures neuves, charnières neuves (ombilics neufs), aiguillettes rouges, texte soigneusement aligné (le parchemin réglé au plomb, — comme nous dirions réglé au crayon), et le tout poncé à ravir* ».
Horace, dans une épître consacrée « A son livre », nous donne d'intéressants détails sur l'état de la librairie à son époque, et le sort de certains écrits : « Il me semble, mon livre, que tu regardes souvent du côté de Vertumne et de Janus. Est-ce que tu voudrais être exposé en vente dans la boutique des Sosie, poli et relié par leurs mains? Tu fin-
1. Suffenus isle, Varre, quem probe nosli, Ilomo est venuslus, et dicax et urbaniis. Idemque longe plurimos facit versus.
Puto esse ego illi millia aut deceni, aul plura, Perscripla : nec sic, ut fit, in palimpseste Relata; chartse regise. novi libri, Novi umbilici, lora rubra, niembrana Directa plumbo, et pumice omnia œquala.
(Catulle, XXH, Ad Varrum, p. 7)84, trad. Nisard. Paris,
Didot, 190Ô.)
dignes, je le vois, de rester sous la clef ; » etc.
Les temples de Vertumne et de Janus dont il est ici question se trouvaient voisins du forum Cœsaris et de TArgilète, où la plupart des libraires de Rome avaient leurs magasins ^ Quant aux Sosie, « ils tenaient, paraît-il, le premier rang parmi ces libraires.... Les Sosie étaient d'une famille plébéienne très connue. Deux frères de cette maison se distinguaient alors dans la librairie par la correction et la reliure des livres ; aussi étaient-ils chargés de publier et de débiter les ouvrages d'Horace, qui sans doute n'était pas leur plus mauvaise pratique, ainsi que son ami Virgile ^ »
Athénée* fait mention des plus célèbres bibliothèques formées par des Grecs, et nous cite celle de Polycrate, tyran de Samos, celle d'Euclide l'Athénien, de Nicocrate de Chypre, d'Euripide, et celle d'Aristote, qui passa entre les mains de Théophraste, puis de Nélée, et fut achetée par Ptolémée Philadelphe; il nous apprend^, en outre, qu'au commence-
1. Verlumnmn Janumque, liber, spectare videris; Scilicet ut prostes Sosiorum pumice mundus! Odisti claves, etc.
(Horace, Épîtres, l, W, trad. Panckoucke, pp. ô'-l'i-ô'-lô . Paris, Garnier, 1860.)
2. Cf. GÉRAUD, Essai sur les livres dans Vantiquité, pp. 174-
r». Peignot, Essai.,, sur la reliure des livres et sur Vétat de la librairie chez les anciens, p, 40.
4. Ap. Lalanne, Curiosités bibliographiques, p. 1,"9. 0. Ap. Egger, Histoire du livre, pp. 285 et 515.
l'amour des livres et de la lecture. 25 inolîl do Tère chrétienne un certain Artémon, homme fort obscur d ailleurs, avait composé un manuel relatif à /\irt de rassembler des livres, et un autre traitant de la Manière de se servir des livres.
Martial nous parle de son libraire, « installé derrière le temple de la Paix », et nous explique qu'on faisait deux sortes de copies de ses ouvrages, Tune maniable, facile à emporter avec soi, et l'autre destinée aux bibliothèques : « Toi qui désires avoir partout avec loi mes livres, et qui veux en faire tes compagnons de voyage, achète ceux dont le parchemin comprime le mince format*. Laisse aux bibliothèques les gros volumes; je tiens tout entier dans la main*. Cependant, pour que tu saches où Ton me vend, et que tu n'ailles pas courir toute la ville, je vais le servir de guide. Va trouver Secundus, l'affranchi du docte Lucensis, derrière le temple de la Paix et le marché de Pallas''. » Plus loin, dans l'épigramme dédiée « A son livre, impatient d'être publié », Martial parle des boutiques du quartier d'Argilète, que ledit petit livre a hâte d'habi-