Larousse, Grand Dictionnaire, art. Louis XVIII
5. MouRAViT, Napoléon bibliophile, Rexiue biblio-iconograpliique, novembre 190Ô, pp. 583 et s. Cette étude, qui remplit de nombreux numéros de la Revue biblio-iconographique, a été très soigneusement faite par M. Mouravit. et peut être considérée comme définitive.
chevet* ». De même qu'Alexandre le Grand serrait précieusement les œuvres d'Homère dans une cassette de cèdre incrustée d'or et de pierreries, Napoléon P' « faisait à une petite édition anglaise d'Ossian les honneurs de son intimité », et renfermait dans un petit coffret, pour les emporter avec lui, les chants de Fingal et de Temora^.
Gœthe (1749-1852) avait la plus vive admiration pour Molière et pour Voltaire : « Molière est si grand que, chaque fois qu'on le relit, on éprouve un nouvel étonnement. C'est un homme unique; ses pièces touchent à la tragédie, elles saisissent.... L'Avare surtout, dans lequel le vice détruit toute la piété qui unit le père et le fils, a une grandeur extraordinaire, et est à un haut degré tragique.... Tous les ans, je lis quelques pièces de Molière, de même que de temps en temps je contemple les (des) gravures d'après de grands maîtres italiens^.... Je connais et j'aime Molière depuis ma jeunesse, et, pendant toute ma vie, j'ai appris de lui. Je ne manque pas de lire chaque année quelques-unes de ses pièces, pour me maintenir toujours en commerce
1. Tancrède Martel, Œuvres littéraires de Napoléon Bonaparte, t. I, p. XXVII. (Paris, Savine, 1888.)
2. P. Christian, Étude sur Ossian, en tête des Poème.<^ d'Ossian, p. 5 (Paris, Lavigne, 1844); et Larousse, Grand Dictionnaire, art. Ossian.
5. Conversations recueillies par Eckermann. trad. Délerot, t. I,pp. 215-216. (Paris, Charpentier, 1865.)
avec la perfection.... I^e Misant/u-ope, que je relis sans cesse comme une des pièces du monde qui me sont les plus chères'.... »
Et, à propos de Voltaire : « Quand les familles se conservent longtemps, on peut remarquer que la nature produit enfin un individu qui réunit les qualités de tous ses ancêtres, rassemble et exprime dans la perfection toutes les dispositions qui, jusqu'à lui, s'étaient montrées isolées et en germe. Il en est de môme pour les nations, dont les mérites ont souvent le bonheur de trouver leur expression dans un individu unique. C'est là ce qui est arrivé pour Louis XIV, le roi français dans toute la force du terme; cela est arrivé aussi pour Voltaire, le Français suprême, l'écrivain qui a été le plus en harmonie avec sa nation ^ »
« Voltaire, c'est le plus grand homme en littérature de tous les temps; c'est la création la plus étonnante de l'Auteur de la nature"'. »
Goethe faisait aussi le plus grand cas du roman