Sainte-Beuve, les Cahiers de Sainte-Beuve, p
o. « On raconte que Sieyès et M. de Tracy lisaient perpétuellement Voltaire: quand la lecture était finie, ils recomnienraient; ils disaient l'un et l'autre que tous les principaux résultats étaient là. » (Sainte-Beuve, Portraits littéraires. t. II, p. 4Ô7. Voir aussi même tome, p. 184, n. i.)
i. Génie du Christianisnic, livre IV, chap. v, t. II, p. id. n. I. (Paris, Didot, 1865. In-18.)
5. Les mérites de Bossuet historien et philosophe, —jadis si surfait, aujourd'hui si en dehors de notre société démocratique et des idées modernes, si redondant et si creux, — ont été plus d'une fois contestés. Voir, entre autres, l'appréciation d'Emile de Labédollière et de Geoi'i,'es Avehel, daj»>
PREDILECTIONS PARTICIÎIJKRKS. :!79
loul à fail incomparables el. (ju un ii<' iciroiivcra plus. Si nous ne mettons pas RaciiK^ de ee nombre, c'est (pTil a un rival dans Virgile. »
h'ur édilioii ries Œnrrcs aiuijtlctes de VuUalrr (L. II, p. I ; Paris, Journal le Sircir, 1807) : « Rossuel, priUrc cL homme «l'Étal, avail osé, dans son Dificours sur Vliistoin^ unwrrsellc^ inbriqucr une histoire selon son Ku;Iise, selon sa politique, et toute à l'usage de la cour où il vivait et des princes qu'il é(lu(iuait; il avait confisqué rhumanité enlièr<; à son profitet .111 leur; il l'avait concentrée, emprisonnée dans Israël •• ; etc. Mais on n'a lien écrit de plus topique, de plus caté^'oriquc et de \)lus net sur l'élociuent rhéteur, •■ l'aigle de Meaux ■•, ([ue cette lettre d'Ernest Renan à Alphonse Peyrat, datée de Paris, 8 avril 1856 (a/j. Adolphe Brisson, for/rai^s intimes, pp. lOO-lO'i) : - Monsieur, je vous remercie bien vivement de vos beaux articles sur Bossuet, «lue j'ai ie(;us et lus avec le plus grand intérêt. Je vous félicite d'avoii- osé attaquer avec tant de franchise et de vigueur une idole de l'admiration routinière. Les influences combinées du clergé, de l'Université et de la littéiature rhétoricienne avaient élevé autour de Bossuet une sorte d'enceinte sacrée que vous percez avec autant d'audace que de bonheur. Pour ma part, la destruction de cette superstition-là (dans la mesure, bien entendu, où une superstition se détruit) a toujours été une de mes idées fixes. Vous venez de réaliser ce que j'aurais voulu faire, vingt fois mieux que je ne l'aurais fait : vos preuves sont décisives, et votre exposition pleine de force (et?) d'habileté. J'attends avec impatience la seconde série d'articles où vous examinerez comme écrivain celui dont vous avez détruit le prestige comme honnne. Montrez hardiment ce qu'il a fallu de naïveté et de confiance dans les rhéteurs pour accepter comme des chefs-d'œuvre un ouvrage aussi puéril que YHistoire universelle, qui, de nos jours, mériterait à peine de figurer parmi les ouvrages destinés à un pensionnat de religieuses; la Politique Urée de l'Écriture, ignoble parodie de la Bible au profit de Louis XIV, VHisloive des variations, fondée tout entière sur un sophisme évident; les écrits philosophiques, vrais cahiers de collège,
Le savant géographe et critique Walckenaer (1771-1852) disait que « les quatre morceaux de poésie latine où brille toute la majesté romaine, et, à ce point de vue, préférables à tous les autres, sont : le Prologue, de Laberius*; VÉpithalame de Thétis et Pelée, de Catulle: la Consolation (anonyme) adressée à Livie sur la mort de son fils ; et VHéroïde de Cornélie àPaulus, par Properce ».
sans aucune valeur; les écrits sur rÉcriture sainte, pleins d'une exégèse arriérée, à une époque où une critique meilleure se faisait jour avec Richard Simon. Les persécutions suscitées par Bossuet à ce grand homme, si supérieur à son temps dans le domaine delà science sacrée, m'ont toujours semblé caractéristiques de Tesprit absolu et borné de l'Église gallicane et de la Sorbonne en particulier. Pour tout ce qui est de la méthode et du fond des connaissances, Bossuet n'est en réalité qu'un sorbonniste encroûté; je ne crois pas exagérer en ne lui laissant absolument que le mérite d'orateur. Celui-là, il le possède à un haut degré; s'il se fût contenté du rôle d'un Mascaron ou d'un Fléchier, on eût pu l'accepter comme le premier des maîtres en éloquence classique; mais la prétention de résoudre avec de la rhétorique les plus graves problèmes de la religion, de la politique, de l'histoire, de la philosophie, est insoutenable. C'est en flattant les mauvaises tendances de l'esprit français, toujours séduit par la pompe du langage et par une prétendue apparence de sens commun, que Bossuet est arrivé chez nous à cette espèce de dictature intellectuelle que vous lui avez si victorieusement contestée. Recevez de nouveau, monsieur, mes félicitations pour votre acte de courage (je ne crois pas trop dire en employant ce mot), et croyez aux sentiments infiniment distingués avec lesquels je suis.... »
1. Decimus Junius Laberius, auteur comique latin, qui vivait environ 50 ans avant Jésus-Christ, a composé une quarantaine de mimes (pièces — tragédies ou comédies —
PRKDILEr/nONS PARTICULIÈRES. 281
IIcMiri Heine (1797-1856) aimait Dmi QwrluAb' « jusqu'aux larmes ». C'était le premier livre qu'il avait lu tout enfant, dès qu'il avait su son alphabet, et l'impression qu'il avait ressentie de cette première lecture lui était demeurée inefVaçable'.
GuizoT (1787- 187 i) lisait chaque soir quelques sonnets de Pétrarque « pour se rasséréner l'esprit » ; et TniERS (1797-1877) se délassait avec les Or(mon>> funèbres de Bossuet*.
« J'avoue ma prédilection, écrit l'académicien Silvestre de Sacy (1801-1879); de tous les grands
satiriques), dont on a conservé les titres. Laberius, dont le style était d'une arrêté rude et mordante, avait sans doute irrité César, car le dictateur, durant les fêtes de son triomphe, le contraignit à monter sur la scène, au prix de cinq cent mille sestei-ces, et à jouer lui-même dans ses mimes. Laberius s'exécuta, la mort dans l'àme; mais son indépendance retrouva toute sa fierté moqueuse dans le Prologue de sa pièce, chef-d'œuvre de persiflage et de douloureuse protestation, conservé par Macrobe dans ses Satwmates < f. Eugène Talbot, Histoire de la littérature romaine, pp. 100 et s.), où figure un fragment de ce Prologue, « pièce d'un goût exquis, que Rollin n'a pas dédaigné de critiquer et de traduire » dans son Traité des études, De la poésie, livre III, chap. I, art. 2; t. I, pp. 247-249 (Paris, Didot. 1885).