I. Occurrit libi nemo quod libenler
Quod, qiirecumqiie venis, fugas est. et ingens Circa le, Ligurine, solitudo; E[c.
(Martial, III, 44, Irad. Nisard, pp. 578-570.)
■J. Fiigerit an mensas Phœbus cœnamque Thyeslfo, Ignoro : fugimus nos. Ligurine, liiam.
Nec volo i)oIetos. osirea nolo : lace.
(Id., III, 45. trad. Nisard, p. 'jTO.) 7}.0p. cit., p. 102.
IK I.IVUK. — T. I.
personnages à qui rien ne coûtait pour se produire. Louer à grands frais une maison, des bancs et des chaises, et disposer une salle en amphithéâtre, briguer des auditeurs, répandre des annonces, s'épuiser enfin en démarches et en frais de tout genres telles étaient les conditions auxquelles on se soumettait pour un triomphe d'un instant.
« On ne peut, sans un vif sentiment d'intérêt et de curiosité, lire, dans les poètes satiriques de l'époque, et les prétentions des auteurs, et leurs minauderies devant le public, et les précautions prises d'avance pour se ménager un succès. Nous ne sommes plus alors dans la Rome d'Auguste; on dirait que Martial, Perse et Juvénal ont deviné nos vanités de salon et nos intrigues de couhsses. »
Ainsi conclut l'auteur de VEssai sur les livres dans rantiquité, qui est mort il y a plus d'un demi-siècle, et n'a pu constater, par conséquent, tous les progrès accomplis par nous dans cette voie, et combien il a eu raison de comparer nos mœurs à celles de la Rome impériale.
Une question, qui, comme celle des lectures publiques, se rattache aux libraires de l'ancienne Rome, c'est celle des rapports des auteurs avec ces commerçants, c'est la question des droits d'auteur.
Ces droits, disons-le tout de suite, n'existaient pas.
1. Juvénal, Satires, VIL 45; et Tacite, Dialogue sur les orateurs, IX. (Ap. Géraud, op. cit., p. 192.)
L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTllRE. 35
Les libraires ou éditeurs romains « étaient, en thèse générale, des gens qui recevaient gratuitement des auteurs les ouvrages inédits, qui les faisaient transcrire à leurs risques et périls, et qui s'indemnisaient des frais de publication en percevant seuls tous les Lénéiices de la veidc' ».
Seules les pièces de théâtre avaient chance de rapportera leurs auteurs (juelque argent-, « encore étaient-elles achetées, non par les libraires, mais par les comédiens ou les personnes qui donnaient des jeux au peuple'- ».
(iéraud, qui me fournit ces remarques, a recueilli, parmi les auteurs latins, maintes preuves de Texaclitude de ses assertions.
Ainsi, « Stace, dont la Théba'ùle, lue en public, mettait en mouvement Rome tout entière, et soulevait, dans un immense auditoire, un frénétique enthousiasme, Stace était obligé, pour avoir du pain, de faire des tragédies ^ Les vers de Martial eurent une vogue inouïe; il jouit, de son vivant, d'un renom que bien peu d'auteurs obtenaient après leur mort; mais il vécut toujours pauvre"'. Tout
L Gkraud. o;>. cit., p. 191».
?. CL Aulu-Gelle, IH, 5; et Juvénal, VII, 00 et s.
r». Gkraud, op. cit., p. 194.
L Cf. Juvénal, VII, 8G et s. {Ap. Géraud» op. rit., ]>. 190.)