‹ Le livre (volume 3)Chapitre 48 sur 163 · Cf. Eqger, op. rit., p · texte numérisé non relu

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affectée aux archhes, affectation sanctionnée plus tard par le pape Grégoire le Grand (540-604). Cette bibliothèque de Saint-Jean-de-Latran, que le pape Nicolas V (1598-1455), passionné pour les lettres, fit transférer au Vatican et enrichit considérablement, est la plus ancienne des bibliothèques publiques de l'Europe moderne ^

Néanmoins, durant ces premiers siècles du moyen âge, c'est surtout, c'est presque exclusivement dans les monastères que se réfugie l'amour des livres et de l'étude. Pas de couvent qui ne se piquât d'honneur d'avoir sa bibliothèque : « Monastère sans livres, place de guerre sans vivres, » disait un proverbe d'alors : Claustrum sine armario) quasi castrum sine armamentario ^ La plupart des règles conven-

1. Cf. Lalanne, Curiosités bibliographiques^ pp. 148 et 100. La Grande Encyclopédie (art. Bibliothèque, p. 651) estime que « la première bibliothèque vraiment publique que l'Europe ait connue est la bibliothèque Ambrosienne, à Milan, fondée par le cardinal Borromée (1C08) ■•.

2. GÉRAUD, op. cit., p. 227. « La bibliothèque est le vrai trésor d'un monastère: sans elle, il est comme une cuisine sans casseroles, une table sans mets, un puits sans eau, une rivière sans poissons, un manteau sans vêtements, un jardin sans fleurs, une bourse sans argent, une vigne sans raisins, une tour sans gardes, une maison sans meubles. Et, de même qu'on conserve soigneusement un bijou dans une cassette bien fermée, à l'abri de la poussière et de la rouille, de même la bibliothèque, suprême richesse du couvent, doit être attentivement défendue contre l'humidité, les rats et les vers. •• (Thomas A Kempis, ap. Fertiault, les Amoureux du livre, pp. 255-256. Paris, Claudin. 1877.) « Lne abbaye n'était pas seulement un lieu de prière et de médi-

l'amour dks mvhks et i)i<: la lecture. 81

luolles, celle de sain! Henoîl (iXO-^ir)) iiotaiumenl, prescrivaient renseigneinenl et la pratique de la calligraphie et ordonnaient la transcription des manuscrits. Kn France, Tabbaye de Luxeuil, fondée par des moines irlandais, disciples de saint Colomban (.')iO-()I5), « posséda une bibliothèque relativemenl riche, une école d'écrivains célèbres; et ce furent ces écoles monastiques qui, en se répandant sur le monde chrétien, créèrent ce qu'on a appelé de nos jours les écritures nationales, dégénérescences de l'ancienne cursive romaine* ».

Mais « il ne faut pas s'y tromper, remarque Ludovic Lalanne - : la règle des couvents, comme toutes les lois en général, indique ce qui devait se faire, et non pas ce qui se faisait; la prescription dont nous venons de parler n'était guère mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance dans les ordres religieux, qui eurent si souvent besoin d'être réformés"'». La religion chrétienne était même parfois considérée comme l'adversaire

talion, c'était encore un asile ouvert contre renvahissement de la baibarie sous toutes ses formes. Ce refuge des livres et du savoir abritait des ateliers de tout genre, » etc. (Aug. Thierry, Essai sur Vhistoire du Tiers État, p. 17. Paris, Furne, 1868. In-16.)

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