‹ Le livre (volume 3)Chapitre 49 sur 163 · I.H I.IVRK. — T. I. G · texte numérisé non relu

I.H I.IVRK. — T. I. G

obligr, l'ennemi déclaré et forcé, de Tanliquité grecque et latine. « Quelques conciles avaient défendu aux évêques de lire les livres des païens, et saint Grégoire reprit sévèrement Didier, évêque de Vienne, de ce qu'il enseignait la grammaire*. » Ce pape saint Grégoire, Grégoire le Grand, passe pour avoir livré aux flammes un grand nombre d'ouvrages anciens, Tite-Live, entre autres^ Au xni« siècle encore, la règle des Dominicains s'opposait à ce qu'ils étudiassent les livres païens ".

1. Abbé Fleury, Mœurs des chrétiens, IV, à, p. 275. (Paris, Dezobry, 1855.)

2. Cf. Lalanne, op. cit., pp. 199-200. « Ajoutons, dit Lalanne en ce même endroit, que si ce pape n'a pas brûlé les auteurs de l'antiquité, on peut croire, d'après son mépris prononcé pour la littérature profane, qu'il était bien capable de le faire. - En effet, il se vantait -- de ne pas éviter le désordre du barbarisme, de dédaigner d'observer les cas des piépositions; car je regarderais comme une indignité de plier la parole divine sous les lois du giammairien Donat -. Apprenant que Didier, lévèque de Vienne (Dauphiné), donnait des leçons de grammaire, il lui écrit : « On me rapporte une chose que je ne puis répéter sans honte; on dit que Ta Fraternité explique la grammaire à quelques personnes. Nous sommes affligés... car les louanges de Jupiter ne peuvent tenir dans une seule et même bouche avec celles de Jésus-Christ. » (Cf. Demogeot, Histoire de la littérature française, p. 55; Bayle, Dictionnaire historique et critique, t. vil, pp. 22.5-226, Paris, Desoer, 1820; etc.) « II est rapporté dans la Vie de saint Jérôme qu'il fut battu de verges par un ange, qui lui reprochait, en le frappant, de lire avor plus d'ardeur Cicéron que l'Évangile. » (Lacordaihe, ap. Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. IV, p. 404.)

5. Cf. CocHERis, Introduction au P/n7o6î6/îon, p. xuii : « Le règlement des Dominicains s'opposait à ce qu'ils étu-

l'amour des livres et de la lecture. 83 Lo diacre saxon Ai.cuin (755-804), o riiommc 1(^ plus savant de son époijne' » et « véritable bienfaiteur de l'esprit humain '^ », qui l'ut comme le précepteur de Charlemagne et son collaborateur dans son oMivre de renaissance littéraire, écrit une lettre « à rÉglise d'Angleterre pour solliciter, en , laveur de celle de Tours, un envoi de livres », copiés sur ceux qui se trouvent à la bibliothèque dTork, dont il avait été le premier bibliothécaire"'. Il faut, en effet, maintenant, aux bibliothèques des monastères, ajouter ces bibliothèques d'églises, ces bibliothèques capitulaires, fondées surtout à partir du ix'^ siècle : tout chapitre comptant parmi ses dignitaires un écolàtre, ce maître avait besoin de livres pour enseiii:ner. Parmi les principales de ces bibliothèques, on cite en France celle (encore existante) de la cathédrale de Chartres, celles des cathédrales de Lyon, de Laon, de Reims, de Cambrai, de Rouen, de Clermont, etc. « On a même remarqué que les écoles capitulaires furent plus florissantes, mieux admi-

liassent les livres païens : « In libris gentiliuni philosopho-

rum non studeat, el si ad horam suscipiat seculares scien- ■ lias, non addiscat, nec artes quas libérales vocant ». Cet article très explicite est suivi d'un autre, qui les invite à ne lire que les écrits théologiques : « sed lantum libros theolo- " gi 00 s ta m juvenes quani alii legant ■'. Etc.

i. Éginiiard, Vie de l'empereur Charles, Œuvres, Irad. A. Teulet, p. 35. (Paris, Didot, 1856.)

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