Cf. Lalanne. op. cit., p. 64, note
2. « Laurent Coster, né en 1570, avait soixante-dix ans en 1440, époque la plus éloignée qu'on puisse attribuer à la découverte de l'imprimerie, et cette année même est celle de la mort de Laurent Coster. >• (Ambroise Firmin-Dioot, Esmi sur la lypographie, p. 590.) « L'imprimerie était née... Cela se passait entre l'an 1440 et Tan 1450 de notre ère. • (Egger, Histoire du livre p. 110.)
Icllros, serait ('liosc siiperfluo. Il va do soi ([uc la noiivolle découverte fil rapidement tomber le prix des livres, précédemment si élevé'. « Que d'actions de grâces ne vous rendra pas le monde littéraire et chrétien! dit Jean-André, évêque d'Aléria^ au pape Paul II (1418-1471), qui avait introduit Timprimerie à Rome. N'est-ce pas une grande gloire pour Votre Sainteté d'avoir procuré aux plus pauvres la facilité de se Former une bibliothèque à peu de irais, et d'acheter, pour vingt écus, des volumes corrects, qu'antérieurement on pouvait à peine obtenir pour cent écus, quoiqu'ils lussent remplis de fautes de copistes? Maintenant on peut acheter un volume moins cher que ne coûtait autrefois sa leliure. »
Notons, en outre, que, durant ce même siècle, deux autres grands événements vinrent, comme rimprimerie, modifier l'état des connaissances humaines et en provoquer raccroissement : la prise de Constantinople par les Turcs, en 145"), qui fit refluer en Italie et dans tout l'Occident quantité de
1. " La découverte de l'imprimerie, <iui popularisa le Livre, porta, par contre, un terrible coup à son luxe. Il lui fallut subir le sort de tout ce qui se démocratise ; il dut, pour pénétrer enfin chez le peuple, se faire plus humble d'apparence, plus simple d'habit. >■ Etc. (Edouard Fournier, l'Ar-t de la reliure en France, p. 41. Paris, Dentu, 1888. In-I8.)
2. Dans la dédicace en tète de l'édition des Épilres de saint Jérôme, donnée à Rome en 1470: ap. Petit-Radel. op. rit., pp. 210-'220; et Lalanne, op. cil., p. l.T».
manuscrits grecs \ et, en 1464, rétablissement des postes en France par Louis XP, qui, d'abord créées pour le service exclusif du roi et de son gouvernement, ne tardèrent pas à se généraliser, ce qui permit à tous les érudils, travailleurs et chercheurs, aux libraires, imprimeurs, etc., de correspondre entre eux, d'entretenir ensemble des relations plus régulières et plus fréquentes.
Ces faits rappelés, reprenons notre revue succincte des fervents du Livre et servants des Lettres, et notre « florilège » de leurs beaux « dicts », préceptes, sentences et exemples.
Le cardinal Bessamon (1595-1472), qui, deux fois, faillit être élu pape, mérite une des premières places dans cette galerie. Il fut un des plus féconds écrivains et l'un des plus zélés bibliophiles de son époque. Dans sa célèbre lettre du 4 mai 1468, adressée au doge et au sénat de Venise, par laquelle il fait don de ses précieuses collections « à la vénérable bibliothèque Saint-Marc », dont elles sont encore aujourd'hui l'une des richesses, il nous conte les débuts de sa passion et nous en dépeint toute l'ardeur :
« Dès ma plus tendre enfance, écrit-il, tous mes