‹ Le livre (volume 3)Chapitre 75 sur 163 · Id., op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Id., op. cit., t. II, p

i. Ap. Sainte-Beuve, Causeries du hindi, t. XIII, p. 18').

La Fontaine (1621-1695), malgré sa native paresse, lisait beaucoup, des anciens et des modernes, des Français ou des Gaulois aussi bien que des Italiens, et volontiers il s'en targue :

Térence est dans mes mains ; je m'instruis dans Horace ; Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse.

Je chéris l'Arioste, et j'estime le Tasse; Plein de Machiavel, entêté de Boccace, J'en parle si souvent qu'on en est étourdi: J'en lis qui sont du Xord, et qui sont du Midi'.

« Ce n'est pas, disait fort sensément Pascal (1625- 1662) ^ dans les choses extraordinaires et bizarres que se trouve Texcellence de quelque genre que ce soit. On s'élève pour y arriver, et on s'en éloigne : il faut le plus souvent s'abaisser. Les meilleurs livres sont ceux que ceux qui les lisent croient qu'ils auraient pu faire. La nature, qui seule est bonne, est toute familière et commune. »

En maint endroit de ses lettres, Mme de Sévigné (1626-1696) prône les vifs et fructueux plaisirs que procure la lecture. « Aimer à lire... la jolie, l'heureuse disposition! On est au-dessus de l'ennui et de

1. Èpître à Mgr Vévêque de Soissons (alors le célèbre Huet, qui devint plus tard évêque d'Avranches). (La Fontaine, Œuvres, t. IX, pp. 202, et 204. Collection des Grands Écrivains. Paris, Hachette, 1892.)

2. De l'Esprit géométrique^ in fine. (Pascal, Œuvres complètes, t. IL pp. 355-354. Paris, Hachette, 1860.)

i/amour des livres et de la lecture. 149 Toisivelé, deux vilaines bôles". » « Qu'on est heureux d'aimer à lire-! » « .le plains ceux qui n'aiment point à lire''. » « Enfin, tant que nous aurons des livres, nous ne nous pendrons pasM » « Pour Pauline (sa petite-fille), cette dévoreuse de livres, j'aime mieux qu'elle en avale de mauvais que de ne point aimer à lire\ » « Je ne veux rien dire sur les goûts de Pauline pour les romans, écrit-elle encore à sa fille.... Tout est sain aux sains, comme vous dites.... Ce qui est essentiel, c'est d'avoir l'esprit bien faif^. »

C'est à peu près ce que dira plus tard DmEiioT'^ : « Il n'y a point de bons livres pour un sot; il n'y en a peut-être pas un mauvais pour, un homme de sens. »

« Celui qui aime un livre, dit le géomètre et théologien anglais Isaac Barrow^ (1650-1677), ne manquera jamais d'un ami fidèle, d'un sage conseiller, d'un joyeux compagnon, d'un consolateur efficace. Celui qui étudie, qui lit, qui pense, peut se divertir innocemment et s'amuser gaiement, quelque

1. Lettre du 14 décembre 1689. {Lettres de M"'" de Sévhjné, t. VL p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.)

2. Lettre du 15 juin 1689. (Tome V, p. 419.) 5. Lettre du 17 juillet 1689. (Tome V. p. U'2.)

i. Lettre du 25 septembre 1671. (Tome I, p. 563.)

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