Télémaque, livre II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d
l'amour des livres et de la lecture. 157
BoiLEAU (I65()-I7II), ce
Studieux amaUMir ot de Perse et d'Horace', qui nous parle avec tant de grâce de ses lectures cl de ses promenades à la campagne, dans ce vallon (le Haute-Isle où son neveu le greffier possédait « une petite seigneurie- », P)oileau, ce grand lionnc^le homme et ce parfait homme de lettres, qu'il était de mode naguère de brocarder et de ridiculiser, s'est, en certaine occurrence où les livres sont en cause, noblement et princièrement comporté. Son ami Patru, Térudit et galant avocat, étant devenu vieux et infirme, allait voir sa bibliothèque tomber entre les griffes d'un créancier, quand, « généreux comme un souverain, et devançant Colbert, » Boileau la lui acheta, en exigeant qu'il en gardât la jouissance ''.
Un autre ami de Boileau, Trousset di: Valincour (1653-1700), à qui il dédia sa satire XI, Sui^ Vlionncur, ayant perdu sa bibliothèque, détruite par un incendie ^ répondit à ses amis qui le plaignaient ces
1. ÉpîtreX. (BoiLEAT, Œwrex complcta^^i. L p. ISO. Paris. Hachette, 1867.)
■2. Ici, dans un vallon bornant tous mes désirs, .l'achète à peu de Irais de solides plaisirs. Tantôt, un livre en main, errant dans les prairies, J'occupe ma raison d'utiles rêveries ; Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construi. Je trouve au coin d'un bois le mol qui m'avait fui...
(Épître VI; t. I, p. 161.) 7*. Cf. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. V, p. 291. 4. En 1725 (ou t726?). C'est dans cet incendie, paraît-il, que
belles et stoïques paroles : « Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais appris d'eux à m'en passer* ».
Le chancelier Daguesseau (1668-1751), autre ami de Boileau et autre passionné des lettres, des sciences et des livres, a laissé, dans ses Instructions adressées à son fils sur les études propres à former un magistrat, plus d'un utile conseil sur !'« Étude de l'histoire », sur « Ce qu'il faut lire », !'« Ordre dans lequel il faut lire l'histoire », et aussi sur la « Manière de faire des extraits ou des collections », l'a Étude des Belles-Lettres », etc.^. « Toutse réduit, disait-il, ou à lire ce que les autres ont écrit, ou à écrire des choses dignes d'être lues : Aut scripta légère, aui scribere tegenda'' » . « Il arrive souvent, observe-t-il encore\ que la plupart des lectures de la jeunesse, quoique faites avec goût et avec application, sont presque inu-
périrent les manuscrits où Racine et Boileau, en leur qualité d'historiographes du roi, avaient retracé les campagnes de Louis XIV. (Cf. Lanson, Histoire de la littérature française, p, 55i, n. 2.) « On eut la bonté de croire que des ouvrages importants, que l'académicien [Valincour] tenait en résexve, et notamment son Histoire de Louis XIV, avaient péri dans cet accident. Ce fut une excellente excuse pour l'humeur paresseuse de Valincour. » (Michaud, Biographie universelle, art. Valincour.)
1. Cf. Charles Nodier, Mélanges tirés d^une petite bibliotfièque, Préface, p. m.
2. Voir Daguesseau, Œuvres choisies. (Paris, Didot, 1871.) 5. Op. cit., p. 295.