Àp. Albert Collignon, la Vie litléraire, p
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A propos (lu duc do Bourgogne, Saint-Simon (1075-1755) adresse au duc de 15eauvilliers, gouverneur du jeune prince, les considérations suivantes : « Il est un temps (jui doit être principalement consacré à rinstruction particulière des livres, et ce temps ne doit pas être borné à l'âge qui affranchit du joug des précepteurs et des maîtres; il <loil s'étendre des années entières plus loin, aiin d'apprendre à user des études qu'on a laites, à s'instruire par soi-même, à digérer avec loisir les nourritures qu'on a prises, à se rendre capable de sérieux et de travail, à se former l'esprit au goût du bon et du solide, à s'en faire un rempart contre l'attrait des plaisirs et l'habitude de la dissipation, qui ne frappent jamais avec tant de force que dans les premières années de la liberté' ».
Le marquis René-Louis d'Argenson (1694-1757), ministre sous Louis XV et auteur de curieux Mémoires, qu'on appelait si injustement et sottement d'Argenson la Bête, disait que « les jeunes gens surtout devraient se mettre en tête cette maxime véritable, que plus on Ut, plus on a d'esprit- ». Quant à lui, il ne se lassait pas de hre Don Quichotte : « J'aimais Don Quichotte à le relire vingt fois dans ma vie ^ » .
1. Saint-Simon, Mé7noires, t. V, p. 198. (Paris, Hachette, 1805. 15 vol. in-l().) '2. Ap. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, L XII, p. 154. ô. Ap. Id.,0/9. cit., t. XII, p. 150. Dans celte même Causerie
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Lo marquis d'Argonson a eu pour fils le célèbre bibliophile de Paulmy (Antoine-René Voyer, marquis de Paulmy d'Argenson (1722-1787), « ce noble amateur de livres, dont aucun homme de lettres ne doit parler qu'avec estime et respect, » a dit Sainte-Beuve'. Sa bibliothèque, une des plus considérables et des plus riches qu'un particulier ait jamais formées, a été acquise, en 1785, par le comte d'Artois, et elle est devenue la Bibliothèque de TArsenal.
Dans Montesquieu (1689-1755) comme dans Vol- TAmE (1604-1778), les belles et ingénieuses pensées abondent sur les livres ; ces deux grands esprits reviennent sans cesse sur les inappréciables avantages que nous procure l'amour de l'étude et des lettres.
« L'amour de l'étude est presque en nous la seule
du lundi (p. lôô), Sainte-Beuve nous décrit en ces termes le «- cabinet-sopha » que l'original et ingénieux marquis avait imaginé de se faire construire tout exprès pour lire et travailler plus à son aise : « Comme il avait observé que l'esprit quelquefois se dissipe, et, pour ainsi dire, s'extravase dans un lieu trop vaste, et que « pour étudier, pour « lire, méditer, écrire, les petits endroits ont beaucoup d avan- " tages sur les plus grands, » il avait imaginé et s'était fait faire une sorte de cabinet-sopha ou de cage allant sur roulettes, assez pareille à une maison de berger, où il n'y avait place que pour une personne, où l'on ne pouvait se tenir debout, où l'on était assis très à l'aise, à l'abri de tous vents coulis, et où il suffisait d'une bougie pour échauffer le dedans. ■•