‹ Le livreChapitre 104 sur 152 · Tome I, pages 102-105 et · texte numérisé non relu

Tome I, pages 102-105 et

2. Citée par Mabillon, ap. Ludovic Lalanne, op. cit., p. 229.

BIBLIOCLASTES ET BIBLIOPHOBES. 271

volumes de vieux livres, lanl imprimés que manuscrits, qu'ils regardèrent comme vrais bouquins de nulle valeur. On les déposa d'abord dans la chambre du jardinier, et, au bout de quelques mois, le Père gardien décida, dans sa sagesse, qu'on donnerait tout ce fatras audit jardinier, en reconnaissance et gratification de ses bons services. Celui-ci, mieux avisé que les bons pères, va trouver M. Vanderberg, amateur et homme de lettres, et lui propose de lui céder toute cette bouqîcinaille. M. Vanderberg, après y avoir jeté un coup d'œil, en ofl're un ducat du quintal : le marché est bientôt conclu, et M. Vanderberg enlève les livres. Peu après il reçoit la visite de M. Stock, bibliomane anglais, et lui fait voir son acquisition : M. Stock lui donne à l'instant quatorze mille francs des manuscrits seuls. Quels furent la surprise et les regrets des Pères récollets à cette nouvelle ! Ils sentirent qu'il n'y avait pas moyen d'en revenir; mais, tout confus qu'ils étaient de leur ignorance, ils allèrent humblement solliciteruneindemniléde^I, Stock, qui n'hésita pas à leur donner encore douze cents francs, tant il était satisfait de son acquisition ' . »

Le marquis de Ville.na, don Enrique d'Aragon (1584-1-434), célèbre poète et érudit espagnol, un des créateurs de la poésie castillane, avait, à force de dépenses et de soins, rassemblé une bibliothèque

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