‹ Le livreChapitre 106 sur 152 · Cf. MiCHAUD. op. rit.; L.Kr,0V9.e^K. op. cit.: CtC · texte numérisé non relu

Cf. MiCHAUD. op. rit.; L.Kr,0V9.e^K. op. cit.: CtC

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dèrent comme des monuments d'idolâtrie quil fallait détruire pour faciliter la conversion des Indiens. Pour obéir à une ordonnance de Jean de Zumarraga. moine franciscain, premier évêque de Mexico, toutes ces archives de l'ancienne histoire du Mexique furent rassemblées et livrées aux flammes. Par suite de ce zèle fanatique des premiers moines qui s'établirent dans la Nouvelle-Espagne, et dont leurs successeurs déplorèrent bientôt les effets, on perdit entièrement la connaissance des événements reculés tracés sur ces monuments grossiers'. »

Le même sort était réservé aux monuments historiques et littéraires des Péruviens-.

En 1549, le roi d'Angleterre Edouard VI publia un édit ordonnant la destruction de divers ouvrages religieux, et l'on profita de cet édit pour l'appliquer surtout aux manuscrits, quels qu'ils fussent, dont les reliures, ornées d'or, d'argent et de pierreries, tentaient la cupidité. Un jour, on alluma à Oxford, sur la place du marché, un grand feu où l'on jeta une énorme quantité de livres''.

1. RoBERTSON, Histoire de l'Amérique, livre VII, ap. Ludovic Lalanne. op. cit., p. 215. " Imitant saint Paul à Éphèse, 1 archevêque Zumarraga à Tlatelulco, Nuiîez de la Vega à Chiapa, et d'autres encore, firent brûler, comme suspects de nécromancie, tous les ouvrages mexicains qu'ils purent découvrir. •> (Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle. t. XVII, p. 89.)

2. Cf. Ludovic L.vlaxne. op. cit., p. -21 5. 5. Cf. Id., op. cit., p. "218.

LE UVR£. — I. II. 18

En France, durant les guerres religieuses, quantité de bibliothèques de couvents furent, sinon détruites, du moins pillées et dispersées'.

La bibliothèque d'Heidelberg. dite Bibliothèque Palatine, éprouva desingulières vicissitudes. Lorsque, dans la guerre de Trente Ans, en 1622, la ville d'Heidelberg fut prise par le comte de Tilly et mise à sac, le duc de Bavière, le pieux Maximilien, fit présent de cette bibliothèque au pape Grégoire XVI, qui la plaça au Vatican. Sous la République, lors de l'invasion des Français en Italie, 58 manuscrits, choisis dans cette collection, furent transportés à Paris; mais, en 1815, ils nous furent enlevés et furent restitués à l'Université d'Heidelberg, ainsi que les manuscrits allemands, au nombre d'environ 850, restés au Vatican*.

Une destruction considérable de livres fut faite, paraît -il, vers la fin du premier Empire, par un li-

[. Signalons aussi, en Espagne (Catalogne, province de Tarragone), le pillage du célèbre monastère cistercien de l'oblet. qui renlermait; outre les tombeaux des rois dAragon, (juantité dœuvres d'art et une magnifique bibiiolhètiue. Pendant les troubles civils de 1855, les moines s'enfuirent, emportant les objets les plus précieux, et, profilant de cet abandon, des bandes de malfaiteurs mirent à sac le couvent et l'incendièrent. (Cf. Guides Joanne, Espagne et Portugal, 1898, p. 108.) Dom Vincente, le fameux libraire assassin de Barcelone (qui, en quelques mois, tua douze de ses clients pour leur reprendre les livres qu'ils lui avaient achetés), était un ancien moine de Poblet. 11 fut condamné à mort et exécuté en 1836. (Cf. mon volume Amateurs et Voleurs de livres, pp. 27-jO.)

± Cf. Ludovic Lalan.ne. oyy. cit.. pp..2iy-'2'20.

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braire de Paris, Martin Bossange (1766-1865), que la nouveauté et la hardiesse des entreprises n'effrayaient pas. C'était à l'époque où le gouvernement venait d'accorder le droit, connu sous le nom de licences, d'introduire en France des denrées coloniales pour des valeurs égales aux marchandises françaises exportées. On vit alors, conte Edmond Werdet, dans son ouvrage De la Librairie française \ Martin Bossange s'aviser du singulier stratagème suivant : « Seul ou associé avec des tiers, il chargea des quantités énormes de livres français sur des navires en destination pour l'autre côté de la Manche. Arrivés au milieu du canal, les ballots étaient jetés pardessus bord ; les bâtiments arrivaient sur lest en Angleterre, et revenaient chez nous chargés à mi-mât de denrées coloniales. Les bénéfices de retour compensaient bien et au delà la perte de la première cargaison. Ces opérations, dont le résultat fut de détruire fructueusement les vieilles éditions qui encombraient les magasins de librairie, en eurent un autre, d'une plus grande portée, consistant à donner naissance à ces nombreuses et magnifiques réimpressions qui surgirent de toutes parts lorsque vint la Restauration. »

Mais Bossange n'embarqua-t-il que des éditions défectueuses et des livres sans valeur? Les « ma-

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