Les Caractères
2. De dictis factisque memorabilibus, lib. IX. •■ Cet ouvrage, fort estimé au moyen âge, fut traduit en France, dès le milieu du xiv siècle, par Simon de Hesdin, contemporain de Richard de Bury. » (Note de Cocheris.) •
7). Richard de Bury. Philobilûion, chap. iv, pp. ôiMO, trad. Cocheris. Voici quelques versets de ce xxv chapitre de f Ecclésiastique :
<• Toute malice est légère au prix de la malice de la femme : qu'elle tombe en partage au pécheur.
« La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous mourons tous.
<■ Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit, ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.
•> Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous couvrira de confusion à la vue de vos ennemis. »
En revanche, le chapitre suivant (xxvi'; de l'Ecrlésias tique parle très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et offre ainsi la contre-partie du xxv^ :
■< La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses bonnes actions.
" Qu'ils soient riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et la joie sera en tout temps sur leurs visages. »
Etc., etc.
i. Zigzags d'un curieux, les Femmes bibliophiles, p. .ïO. ;
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social ; je ne conçois pas d'accolade plus hypocrite, d'union qui flaire davantage le divorce! La femme et la biblio folie vivent aux antipodes, et, sauf des exceptions aussi rares qu'hétéroclites, — car les filles d'Eve nous déroutent en tout, — je pense qu'il n'existe aucune sympathie profonde et intime entre la femme et le livre ; aucune passion d'épiderme ou d'esprit; bien plus, je serais tenté de croire qu'il y a en évidence inimitié dinstinct, et que la femme la plus affinée sentira toujours dans « l'affreux bouquin » un rival puissant, inexorable, si éminemment absorbant et fascinateur, qu'elle le verra sans cesse se dresser comme une impénétrable muraille entre elle-même et l'homme à conquérir. »
M. Paul EuDEL remarque aussi que « la collection (des livres particulièrement) a toujours eu pour ennemies jurées nos chères compagnes : « C'est autant « de moins, disent-elles, pour la toilette et pour le « train de la maison ' ».
1. Paul EuDEL, le Tniqua/je, Livres et Reliures, p. 275. (Paris, Dentu, 1887.) D'après M. Firmin Maill.\rd {les Passionnés du livre, p. 11), M. de Sacy estime que les femmes de bibliophiles sont bien plus heureuses et bien plus riches quelles ne le croient : <■ Ménagères qui avez le bonheur de posséder un mari bibliophile, au lieu de faire une figure refrognée, lorsque vous voyez arriver un nouveau paquet de livres, et que la bibliothèque envahit peu à peu tout l'appartement, réjouissez-vous donc! c'est la fortune de vos enfants qui augmente. Les robes de vos filles et les cigares de vos fils, pour ne parler que des cigares, vous coûtent plus cher et il n'en reste rien.... Puis, point de jalousie,
M. B.-H. Gausseron déclare de même, dans son intéressant petit volume Boiiqniniana* , que « les livres, jusque dans la maison du bibliophile, ont un implacable ennemi, c'est la femme.... La femme, l'ennemie-née du bibliophile. »
« L'amour des livres, c'est une marque de délicatesse, mais c'est une délicatesse d'homme : les femmes, pour la plupart, ne le comprennent pas, écrit ]\L PoREL-. Pour les ouvrages du xvni*^ siècle, qu'elles veulent acquérir maintenant parce qu'ils sont à la mode, elles ont été depuis longtemps particulièrement malfaisantes. »
Et le maître bibliophile Jacob, si expert en ces matières, et d'habitude cependant si courtois et indulgent, atteste à son tour, et nettement et formellement, que « les femmes n'aiment pas les livres et n'y entendent rien : elles font, à elles seules, l'enfer des bibliophiles :
point de tracasserie, la femme du biijliophile est néces*ailement la maîtresse de la maison, pourvu qu'elle saclie s'arrêter au seuil du cabinet. ■•
1 . BoiKjuiniana, noies et nuliiks iVun bihliolofjue, pp. 56 et 94. — ouvrage destiné à « tous les amants du livre, curifux des opinions et des impressions de ceux qui l'ont aimé avant eux » (p. 6), où l'auteur a réuni, comme nous l'avons fait dans notre tome I et comme nous le faisons ici encore, un grand nombre de maximes et pensées sur les livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les écrivains anglais.
'2. Préface du catalogue de sa bibliothèque, journal le Temps, 25 février liiOl.
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Amours de femme et de bouquin
Ne se chanlent pas au même lutrin' ■>.
Les épingles à cheveux sont, au dire de maints bibliographes, le coupe-papier habituel de la femme; à moins qu'elle ne préfère se servir, pour le même office, de son index ou du bout de son pouce, ce qui, d'une façon comme de l'autre, taille les bords du livre en dents de scie.
« Ne confiez jamais, ô bibliophiles, le soin de couper un livre que vous tenez en estime particulière à d'autres qu'à vous-mêmes ; défiez-vous, pour accomplir cette opération si simple en apparence, mais en réalité si délicate, de cetle main mignonne qui excelle dans l'art de la broderie et qui ne connaît point de rivale dans mille travaux élégants. Tout habile qu'elle est, cette main charmante, à laquelle on peut confier sans crainte la réparation du tissu le plus fin, vous fera le plus innocemment du monde d'innombrables festons aux marges que vous voulez respecter; bien heureux si le couteau, en déviant de la ligne marquée, ne tranche cette marge jusqu'au texte, et perde ainsi à tout jamais un livre qui n'est
1. Ap. Octave Uzanne, op. cil., p. 31. On a aussi orthographié et imprimé ce distique boiteux — que M. Uzanne traite tout simplement en vile prose et écrit sans alinéa — de cette
façon :
Amour de femme et de bouquin
Ne se chante au même lutrin.
(Maurice Cabs, journal la République, 29 décembre 1901.)
plus présentable aux yeux d'un véritable bibliophile '. »
La mode des papillotes est, je crois, un peu passée ; mais, alors quelle florissait, les livres en voyaient de belles et en essuyaient de cruelles avec ces dames!
« Nous avons en main un bel ouvrage où l'on avait coupé de quoi se faire des papillotes, écrit Alkan aîné-. Les femmes surtout sont les bourreaux des livres. (Il y a bien quelques exceptions.) »
Oui, certes, il y en a, et de plus en plus''; mais continuons notre citation :
1. Le Magasin pittoresque, 1875, p. 262, les Ennemis des livres.