‹ Le livreChapitre 118 sur 152 · Aji. Georges Brunel, op. cit., p · texte numérisé non relu

Aji. Georges Brunel, op. cit., p

BIBLIOCLASTES ET BIBIJOPHOBES 305

s'en servir, de ces humbles volumes, faudrait-il les lire. Or, Zola, selon ses propres paroles, n'avait pas le temps de lire : il écrivait trop. « Quel est donc, disait-il un jour à Léon de la Brière', celui d'entre nous qui s'amuse à lire, j'entends à lire des livres, sans y être contraint par un travail qu'il médite et prépare, par une œuvre qui nécessite des recherches dans ces livres mômes? Il n'y a que les flâneurs, que les paresseux qui ont le temps de lire^ ! — Pourtant, objectait La Brière, nos meilleures hx'tures, celles qui nous procurent le plus de plaisir, sont précisément celles qu'on fait pour elles-mêmes, pour elles seules.... — Bah! Bah! Est-ce que les charcutiers s'avisent jamais de manger du boudin? Mais non, mon ami ! Ils laissent leur marchandise aux clients ! » conclut Zola.

Et qui ne se rappelle la superbe, la mémorable et inoubliable déclaration de Pierre Loti (1850-....), dans son discours de réception à l'Académie française : « Je ne lis jamais.... Par paresse d'esprit, par frayeur inexpliquée de la pensée écrite, par je ne sais quelle lassitude avant d'avoir commencé, je ne LIS PAS. » Emule de la bonne maréchale Lefebvre,. je ne suis point du tout lisard; je sais tout, je

1. Cf. mon volume le Dîner des Gens de lettres, Souvenirs littéraires, pp. 185-18G. (Paris, Flammarion, 1903.)

i. " La lecture, cette paresse déguisée.... ». (Le Père Gra- TRY : cf. supra, 1. 1, p. 195, n. 2.)

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