r.f. LiTTRÉ. Médcinne et Médecins, p. I
2. Sur ces règles et ce< principes, on peut notamment consulter les deux agréables petits volumes d'Ernest Lecouvk, l'Art de la lecture et la Lecture en action. Paris. Helzel, s. d.)
ô. Ernest Legouvé, la Lecture en action, p. 1-26.
rarement* », et que, selon la remarque de Doudan, a elle donne aux pensées, outre la précision, l'auto-
1. Comme preuve tle <■ l'encouragement - donné par la parole, citons l'exemple du poète et philosophe anglais Pope (1688-1 74i), qui « ne composait jamais rien d'intéressant sans être oblige de déclamer longtemps à haute voix, et de s'agiter en tous sens |)our exciter sa verve •>. (Xavier DE Maistre, Expé'lilinn noclnme (tulour de ma rltaniOre, chap. VII, 1). 118; Paris, Bernardin Déchet, 1864.) Et Xavier de Maistre ajoute : « Jessayai à l'instant de l'imiter (Pope). Je pris les poésies, d'Ossian et je les récitai tout haut, eji me promenant à grands pas pour me monter à l'enthousiasme. Je vis, en effet, que cette méthode exaltait insensiblement mon imagination, et me donnait un sentiment secret de capacité poétique, dont j'aurais certainement profilé pour composer... ••,etc. « Relire, chaque matin, même au liesoin se réciter à haute voix certaines pages favorites d'auteurs classiques.... Chaque malin, pendant une ou deux demi-heures, il faut commercer avec les modèles, afin de se tenir l'oreille et la main constamment habituées au son l>ur et au i)ur tour de la langue française •> : tel est le conseil donné •< à un journaliste ■■ par J.-J. Weiss [V Intermédiaire des chercheurs et curieux, 30 sejitembre 1897, col. 422 et 425). Comme exemple de <• mise en train >> de certains écrivains, citons encore : le poète nu B.\rtas (I544-ir)90), qui, « pour faire sa fameuse description du cheval, galopait et gamba- «lait des heures entières dans sa chambre, contrefaisant ainsi son objet » (Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. II. p. 4!)4); l'ornithologiste Guéneau de MoNTDÉLiArsD (1720-178.')), qui avait •• l'habitude singulière de commencer presiiue toutes SCS journées par un madrigal ou par une chanson ». habitude qu'il conserva jusfju'à ses derniers instants (Notice sur Guéneau de MonlhéVmvd, Morceaux choisis de Buff'on... et de Guéneau de Monthéliard, p. 504; Paris, Dezobry, 1848). Et n'est-ce pas ce pince-sans-rire de Stendhal (1785-1842) qui recommandait d'avoir soin, chaque matin, avant de prendre la plume et pour se mettre en goût de bon style, de lire quelques articles du Code? — M. Gustave Moup.avit (Napoléon bibliophile, Revue biblio-iconographique, février 1904,
rilé. Ceux qui font un travail pénible, les bûcherons et les boulangers, s'excitent eux-mêmes par la voix*. »
Quant à « se faire lire », le même maître es livres et es lettres ne recommande pas ce mode de lecture, qu'il préfère laisser aux malades et aux aveugles : « Rien, observe-t-iP, ne ressemble moins à lire que se faire lire; on dirait un air dont l'accompagnement ne va pas; chacun a sa manière d'accompagner intérieurement ce qu'il lit. »
Atteint de maux d'yeux, et se trouvant dans la nécessité de recourir à des lecteurs, alors qu'il était en garnison à Reims, en 1759, Vauvenargues (1715- 1747) écrit^ : « J'ai pris deux hommes pour me faire la lecture, un le matin, et un autre le soir. Ils défigurent ce qu'ils lisent; je leur donnai, l'autre jour, les Oraisons funèbres de Rossuet, dont l'éloquence est divine, et ils coupaient, par le milieu, les plus belles périodes; je faisais du mauvais sang (sic), mais il me fallait prendre patience; cela vaut encore mieux que rien '. »
p. 09) nous apprend que Napoléon « aimait à lire à liauto voix », surtout des tragédies, celles notamment dont il savait de grandes tirades par cœur, Cinna, le Cid, la Mort de César. i. DouDAN, ap. Albert Collignon, Noies et réflexions d'un lecteur, p. 16.