DouDAN, Lettre!., t. IV, p
3. Lettre au marquis de Mirabeau, 29 août 1759 : Vauvenargues, Œiivref. posthwiies et œuvres inédites, Correspondance, p. 148. (Paris, Furne, 1857.)
4. Cf. une citation, que nous donnons plus loin (p. li";, emi)runléc à M. Gustave Mouravit {le Livre et la Petite Bi-
Sainte-Beuve, grand lettré et fervent liseur, lui aussi, ne dédaignait cependant pas de recourir, pour ses lectures, à ses secrétaires : « J'ai reçu la Cocarde blanche^ écrivait-il en juin 1868 à Louis Ulbach'. Je la lirai ou me la ferai lire selon mon habitude.... Cette manière de lire est un peu lente, mais elle est aussi agréable que sûre. »
Dans maints couvents et collèges, il était — et il est sans doute encore — d'usage de charger un des
bliothèque cVamnteur, p. 162), et dont le début concerne le point en question ici, la lecture à haute voix : « Qu'un lecteur malhabile entreprenne de vous lire une belle œuvre : si ses hésitations, ses intonations fausses, la rudesse de son organe, la gaucherie de son interprétation, brisent constamment vos efforts pour être attentif, et émoussent en vous, si l'on peut dire, le sentiment de la lecture, le plaisir que vous vous étiez promis ne deviendra-t-il pas un supplice? et quel prolit rapporterez-vous de ce labeur? ■•
1. Correspondance, t. II, p. ô^l. Dans l'appendice du tome \\ des Nouveaux Lundis, p. 437 (" Mes Secrétaires »), Sainte-Beuve explique les motifs qui l'ont contraint à recourir à d'autres yeux (jue les siens : ■■ ... Dans la modeste condition où je vis, c'était déjà un grand luxe que d'en avoir un (secrétaire), et je n'y ai été amené d'assez bonne heure que par une faiblesse de vue et comme une tendresse d'organes qui se lassait aisément et m'obligeait à user d'autrui. Il y a plus de vingt-cinq ans déjà que, considérant que les soirées sont longues, que la plus grande difficulté pour l'homme qui vit seul est de savoir passer ses soirées, je me suis dit qu'il n'y avait pas de manière plus douce et plus sûre pour cela ([ue l'habitude et la compagnie d'un bon livre. Mais comme mes yeux se refusaient à toute lecture de longue haleine, surtout à ces dernières heures de la journée, j'ai dû songer à me procurei- de bons lecteurs, et j'en ai trouvé.... >•
assistants de faire, durant les repas et à tour de rôle, une lecture à haute voix. Nous avons vu' que Charlemagne aimait à se faire lire, pendant son dîner, le livre de saint Augustin, lo Cité de Dieu, et que saint Louis, au contraire, préférait à la lecture à table ou en sortant de table « une bonne causerie » -. Voltaire, lui, ne partageait pas cette préférence : « Je me fais lire... les Serinons de Massillon à mes repas^.... J'aime à me faire lire à table: les anciens en usaient ainsi, et je suis très ancien, » écrit-il à d'ArgentaH.
Sur les lectures faites à haute voix et en public, le cardinal Mauhy (1746-1817)^ donne ces sages conseils : « Tous les juges du bon goût ont observé que, dans les lectures ordinaires de société, il faut, pour en soutenir Tattrait, choisir plutôt des ouvrages intéressants que des livres d'instruction. La vérité satisfait en tout genre l'esprit d'un lecteur isolé. Mais, dès qu'on est réuni, on veut être ému; et l'on sent le besoin d'un intérêt progressif quand on en-