‹ Le livreChapitre 23 sur 152 · MicnAUD. BioQrapItie universelle, art. Magliabecchi · texte numérisé non relu

MicnAUD. BioQrapItie universelle, art. Magliabecchi

2. .1/). Feiîtiallt, les Amoureux du livre, p. 2fl2. ô. M. Jules D

exemple, au début de son Hktoire universelle', constate, sans s'émouvoir, que certains de ses lecteurs, peu charmés de tel ou tel passage de son récit, « s'en dégoûtent et donnent du pouce au feuillet ».

Il en est, d'ailleurs, qui lisent uniquement comme lisait GuEz de Balzac (1597-1654)^, « pour trouver de belles sentences et de belles expressions à recueillir et à enchâsser ».

C'était la méthode de Delille (1758-1813), qui se gênait si peu pour plagier et piller ses confrères, poêles ou prosateurs, anciens ou modernes. Il disait quelquefois, après une lecture : « Allons, il n'y a rien là de bon à prendre ». La prose surtout était pour lui de bonne prise. Un jour qu'il venait de réciter à Parseval-Grandmaison des vers dont l'idée était empruntée à Bernardin de Saint-Pierre, ce que Parseval avait remarqué et objecté : « N'importe, s'écria Delille, ce qui a été dit en prose n'a pas été dit^ ».

MoNTAiG.NE souvent lisait de cette même façon, dans l'intention, plus ou moins avouée, de faire main basse sur quelque sage maxime ou piquante remarque de Plutarque ou de Sénèque : « Je feuillette à cette heure un livre, à celte heure un aullre, sans

1. Préface de la première édition, Appendice des.Wmoire.s-. p. 2.")6. (Paris, Libiaiiie des bibliophiles, ISS'J.)

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