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Sainte-Beuve, Portraits littéraires, l. II, p

ordre et sans desseing, à pièces descousues' ». « Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs; mais elles en font après le miel, qui est tout leur; ce n'est plus thym ni marjolaine : ainsi les pièces empruntées d'aultruy, il (un enfant, le fils de la comtesse de Gurson, — et c'est surtout ce qu'a fait Montaigne lui-même) les transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien, à savoir son jugement-.... »

Etienne Pasquier de même : « Tout ainsi que l'abeille sautelle d'une fleur à autre, pour prendre sa petite pâture dont elle forme son miel, aussi lis-je ores l'un, ores un autre auteur, comme l'envie m'en prend ^ » .

C'est le mot de Lucrèce :

Floriferis ut apes in sallibus omnia libant {ou limant), Omnia nos itidem depascimur aurea dicta*.

\. Essaia, livre III, thap. ni; t. III, p. .'366. (Paris, Charpentier, 1862.)

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