Cf. DoLDAN, Lettres, t. I. p
'2. Manuel des gens de lettres, p. 575.
que nous souscrivons aux considérations suivantes : « ...L'index analytique est absolument nécessaire aux ouvrages d'histoire et de science. Un index dont le besoin est urgent est celui de ce monunient national qu'on appelle une Histoire de France. C'est ainsi que les grandes *//îs^o<>es de France de Michelet et de Henri Martin sont dépourvues d'index*, ce qui est vrairnent une lacune impardonnable pour les éditeurs de ces grands ouvrages.
« Un savant allemand a été jusqu'à écrire : « Faire un ouvrage érudit, surtout un ouvrage phi- « lologique ou linguistique, sans un index très sûr « pour trouver immédiatement un renseignement « cherché, est un véritable assassinat littéraire. On « se tue à fouiller dans les énormes volumes de « Pott, un des plus grands investigateurs des « langues indo-européennes-. Beaucoup pensent « qu'il en a rendu compte à Dieu ! '" »
Un moyen, plus efficace que cette supposition comminatoire extraterrestre, de contraindre les
\. M. Tanneguy de Wogan commet ici une erreur flagrante : tout un volume de l'Histoire de France de Henri Martin, le tome XVH (Paris, Furne, 1865), est rempli par un index alphabétique et analytique qui ne comprend pas moins de 606 pages.
2. Aussi ne peut-on considérer que comme une hâblerie ou une plaisanterie ce mot de Jacques Cujas : Cfuj Ubris sine repertorio nescit. v.li nescit uli : « Qui ne sait se servir de livres sans répertoire ne sait s'en servir » (Ap. Fertiallt, les Amoureux du livre, p. 196.) 5. Baron Tanneguy de Wogan op. cit.. ]>. '294.
auteurs à joindre des tables alphabétiques à leurs ouvrages, serait, comme voulait le demander au Parlement, en 185(1, le chancelier d'Angleterre lord Campbell, de priver de ses droits de propriélé littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans index. C'est M. A. DE BoiSLisLE (1855-..,.) qui nous conte ce fait, dans son Avertissement aux Mérnoires de Saint- Simon^, après avoir proclamé, lui^ussi, qu'un index alphabétique est « l'accessoire obligé de toute bonne, complète et commode édition ».
Nombre de liseurs et de travailleurs ne se contentent pas de prendre des notes à la suite de leurs lectures, ils inscrivent ces notes sur les marges mêmes du volume, ils soulignent même des mots, des lignes entières du texte : « ces sôulignures sont des taches qui font du tort à la vente de louvrage, constate en gémissant le libraire Sylvestre Boulahd (^750-^8i9?)^ Ces notes ne sont que des taches désagréables pour la plus grande partie des acquéreurs. »
Mais il est des bibliophiles qui ne considèrent pas leurs livres uniquement comme des objets de spécu-
1. Tome I, page lxvi. (Paris. Hachette. 1879: Coller tion des Grands Écrivains de la France.)
2. Traité élémentaire de bihliofjrnpliie, p. 77. (Paris, Boulard, an XIII.)
lation; il en est qui tiennent à s'en servir, qui tiennent à les Ihe^ les ont achetés pour cela, et sans aucune arrière-pensée de revente et de trafic. Pour ceux-là, — et c'est à ces lecteurs que notre ouvrage s'adresse de préférence, — les livres sont mieux que des articles de parade et de luxe; ce sont des instruments de travail, que nous avons certes le devoir de soigner et de métiager, mais que nous avons aussi le droit de rectifier et de compléter; ou plutôt ce sont des collaborateurs, des compagnons, des amis, que nous nous plaisons à consulter', mais dont nous ne sommes pas tenus d'adopter sans réplique tous les avis, avec lesquels nous avons licence de douter et d'objecter, que nous contrôlons, reprenons et amendons au besoin.
Le lecteur, qui veut mettre à profit, savourer et conserver le fruit de ses lectures, doit forcément marquer de quelque signe les passages qui le frappent le plus, inscrire dans la marge, de côté, en tête ou en pied, au crayon, — le crayon suffit, la plume prendrait trop de temps, et le papier peut boire, d'ailleurs, — telle remarque, telle critique, qui vous vient à l'esprit, ou telle comparaison que cet endroit