Cf. DioGKNE L.\i:RCE, Vie d'Aristippe, trad. Lefèvre, ap
Et ces conseils de Marc-Aukkle (121-180), qui s'adressenl si bien à Ions les amis des livres el de la lecture : « Cesse d'errer çà et là, car tu n'auras pas le temps de relire tes mémoires, ni les hauts faits des anciens Romains et des Grecs, ni les recueils que tu avais mis à part pour ta vieillesse.... Il faut moins l'occuper l'esprit des choses qui te manquent que de celles que tu as actuellement; choisir même, parmi les choses que tu as, celles qui sont les plus propres à te rendre heureux; te rappeler leur beauté, et combien tu aurais lieu de les regretter, .si tu ne les avais pas'. »
Plutarque, Œiivi^cs, trad. Amyot. Supplément, t. II (XXI), p. 6. (Paris, Bastien, 1784).
Ce n'est pas assez de tout lire, Il faut digérer ce qu'on lit,
a dit BoiFFLERS (1737-1815), dans sa fal)le Ir Rai /nhlinthrcaire {Œuvres choisies, p. 129; Paris, Bibliothèque nationale, 1875). « A l'égard des bons livres, écrit le Père Joseph-Romain JOLY (1715-1805) (ap. Ferti.\ult, (es Amoureux du livre, p. 254), il faut en user comme des bons repas, où l'on doit manger sobrement, si l'on a envie que les aliments profitent. Scaliger nous apprend que François Junius et Théodore Marsile sont parvenus tous deux au même but, qui est l'ignorance : le premier en lisant tous les livres, et l'autre en ne lisant rien. » Et le chancelier François Bacon (1501-1626), {ap. Fertiault, op. cit., p. 170) : •< Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres quil faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre, qu'il faut, pour ainsi dire, mAchcr et digérer. >• Sur les livres comparés aux aliments, cf. notre tome I, page 1.56, note 5.
1. Marc-Aurèle, Pensées, trad. M. de Joly, chap. xxvii et XXXI, pp. 527 et 555, dans le volume Mondisles anciens. Paris, Lefèvre, 1840; in-8.)
a Que votre lecture soit modérée, dit, de son côté, • saint Jérôme (551-4!20)': ce n'est pas la lassitude, ' mais la prudence, qui doit vous la faire interrompre. Une lecture trop prolongée est répréhensible; car ce qui est bon de soi-même cesse de l'être et devient < sujet au blâme, si on le porte au delà des bornes. >
PÉTRARQUE constatC' qu" « il est des gens qui croient connaître tout ce qui est écrit dans les livres qu'ils ont chez eux, et quand la conversation tombe sur un sujet : « Ce livre, disent-ils, est dans ma a bibliothèque ». Pensant que cela suffit, comme si le livre était en même temps dans leur tête, ils haussent les sourcils et se taisent.... Si l'abondance des livres faisait des savants ou des gens de bien, les plus riches seraient les plus savants de tous et les meilleurs, tandis que nous voyons souvent le contraire''.... De même, dit encore Pétrarque, que la multitude des combattants a empêché plusieurs , généraux de vaincre, la multitude des livres a empêché beaucoup de gens d'apprendre, et labondance, comme cela arrive. 'a produit la disette.... La multi-