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« Je ne me prends guères aux nouveaux (livres), pour ce que les anciens me semblent plus pleins et plus roides, » nous déclare MOiNTAiCM:'; et, tout en estimant que « les livres anciens sont pour les auteurs, les nouveaux pour les lecteurs, » Moxtes- QuiEu*, par la plume d'un des personnages de ses Lettres persanes, fait cet aveu : « Il me semble que, jusqu'à ce qu'un homme aitlu tous les livres anciens, il n'a aucune raison de leur préférer les nouveaux ».

M. Albert Coi.i.ignon, grand admirateur de Mon-

1. Essais, livre II, chap. x; t. II, p. '210. (Paris. ChaiMcntiei-, 1862.)

'2. Pensées diverses, Des anciens {Œuvres complètes, t. II, p. 424), el Lettres persanes, CIX (t. III, p. 128; Paris, Hachette, 1866). « J'avoue mon içoùl pour les anciens, écrit encore Montesquieu (Pe/isées divci-ses,Dc» anciens, ibid.); cette anti- «luité m'enchante, et je suis toujours prêt à dire avec Pline [PLl^E LE Jeune, Lettres, VIII, 24] : .. C'est à Athènes ([ue « vous allez : respectez les dieux ■>. ■■ FJt lui-même, ajoulr Sainte-Beuve (Causeries du lundi, l. VII, p. ii), en sentant ainsi, il a mérité d'être traité comme un ancien : citer Montesquieu, en détacher un mot (ju'on place dans un écrit, cela honore. •>

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tesquieu', a, dans la Religion des Lettres-, ainsi commenté cette pensée :

« On oublie les anciens livres, on en demande sans cesse de nouveaux, et il y a, dans ceux que l'antiquité nous a légués, des trésors inestimables de science et d'agréments qui nous sont inconnus, parce que nous négligeons d"y prendre garde. C'est 1 inconvénient des livres nouveaux quils nous empêchent de lire les anciens^. »

Mais il faut reconnaître que, surtout au début, dans les années d'adolescence, et chez les lecteurs peu expérimentés et peu lettrés, on ne comprend bien et Ion ne savoure bien que ses contemporains : « On est toujours inspiré d'abord par ses contemporains immédiats, par le poète de la veille ou du matin, même quand c'est un mauvais poète et qu'on vaut mieux ; il faut du temps avant de s'allier aux anciens, » a écrit Sainte-Beuve^, qui est plus d'une f

1. Voir le portrait, si soigneusement et finement fait, qu'il a tracé de Monles(iuieu dans la Vie liLléraire, chaj). ii, pp. 14 et s.

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5. ■■ Les bons livres de notre siècle ne sont cstinialjjcs que parce que les écrivains laborieux savent y réunir les beautés éparses dans les anciens.... Retranchez, encore une fuis, des livres de nos beaux esprits tout ce dont ils sont redevables à ces premières sources (les anciens), vous les réduu'ez presque à rien.... » (Dom Nicolas Jawin [17H-1782J, le Fruit de mes lectures, ap. Fertiault, op. cit., pp. 250-231.)

4. Tableau de la poésie française... ait xvr siècle, p. 486. n. 1. (Paris, Charpentier. 18G'J.)

fois revenu sur ce point. « En littérature, en poésie, les premières impressions, et souvent les plus vraies et les plus tendres, s'attachent à des œuvres de peu de renom et de contestable valeur, mais qui nous ont touché un matin par quelque coin pénétrant.... Dans l'enfance donc et dans l'adolescence encore, rien de mieux littérairement, poétiquement, que de se plaire, durant les récréations du cœur, à quelques sentiers favoris, hors des trj-ands chemins, auxquels il faut bien pourtant, tôt ou tard, se rallier et aboutir. Mais ces grands chemins, c'est-à-dire les admirations lé^^itimes et consacrées, à mesure qu'on avance, on ne les évite pas impunément; tout ce qui compte y a passé, et Ion y doit passer à son tour : ce sont les voies sacrées qui mènent à la Ville éternelle, au rendez-vous universel de la gloire et de l'estime humaine'. »

Et M. Albert Collignon, dans la Vie littéraire^ (( De préférence aux livres anciens, on aime à lire des livres nouveaux. Nous sommes ainsi faits, remarque un critique littéraire^, que, si les formes

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