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5. M. Albert Collianon n'irulique pas le nom de ce crilique, 4111 est sans doute Doudan. Voici ce quécrivait celui-ci, le ")0 septembre 18(31. à M. Piscatory : « Les hommes ont sans • esse besoin qu'on leur renouvelle les formes de la vérité. Ils ne comprennent plus ce qu'ils ont entendu trop lonijtemps. •• (DoLDAN. Lettres, t. III, p. 254; Paris, C. Lévy. ISTlt.i Cf. aussi Sainte-Beuve {IS'ouveaux Lundis, t. III, pp. 74 et 75; : •• Cer-

de la vérité ne varient, nous devenons insensibles à la vérité. L'habitude nous a été donnée sans doute pour notre bien; mais elle a cet inconvénient qu'elle émousse nos impressions. A la longue, on s'accoutume à un chant d'Homère, à une ode d'Horace. Il est nécessaire que les grands et beaux lieux communs dont sont remplis les anciens, que ces vérités immortelles nous soient redites sur un mode nouveau.

« Les livres écrits par nos contemporains sont plus aisément d'accord avec l'état de notre âme*.

« On a beau s'imaginer qu'on ressuscite en soi les

laines idées sont belles, mais, si vous les répétez trop, elles deviennent des lieux communs.... Les choses justes elles-mêmes ont besoin d'être rafraîchies de temps à autre, d'être renouvelées et retournées; c'est la loi, c'est la marche. » Notons encore, à propos de la vérité^ cette humoristique l'éflexion de Voltaire (Pensées et Observations : Œuvrer complètes, t. IV, p. 755; Paris, édit. du journal le Siècle, 1868): « La vérité, pour être utile, a besoin d'un grain de mensonge; l'or pur ne saurait être mis en œuvre sans un peu d'alliage •-.

1. « Les étudiants actuels ne lisent plus les Causeries du lundi, les Nouveaux Lundis, Port-Royal, que sollicités par leurs professeurs. Ils dévorent avec avidité les recueils, d'ailleurs si remarquables, de Brunetière, de Faguet, de Lemaitre, de Doumic, de Lanson. et laissent de côté notre vieux maître de l'École normale [Sainte-Beuve]. Pour le critique comme pour le reste, le mot de Platon est toujours vrai : « L'air du dernier joueur de flûte est celui qui plaît .. le plus aux hommes >•. (Emmanuel des Essarts, Sainte- Beuve professeur à l'École normale. Revue bleue, 24 septembre 1898, p. 414.)

temps antiques, les sentiments et les hommes du passé, on n'entend bien que son temps, que sa langue, que ses contemporains.

« Nulle voix n'est plus douce au cœur que celle des romanciers et des poètes qui ont vécu de la même vie que nous, qui ont vu les mêmes jours. Il est des impressions que le talent des contemporains seuls peut produire, parce qu'il n'est donné c[u'aux contemporains, par leur ressemblance secrète avec nous, de connaître les intimes désirs de notre âme et les ressorts cachés de notre nature '. »

Sans dédaigner les « nouveautés », Jules Levali.ois nous avoue- qu'elles ne font qu'une halte sur sa table de travail; « elles la traversent et n'y séjournent point ». Non pas qu'il dédaigne ce qu'écrivent nos contemporains : il aime trop la vie et le mouvement pour cela, nous dit-il; mais ces livres nouveaux, « ces livres imprégnés, pénétrés du souffle de notre époque, me parlent trop de ce qui trouble et pas assez de ce qui calme. Ils posent en de nouveaux et souvent en de bien meilleurs termes les questions que je me suis cent fois posées moi-même, et pas plus que moi ils ne les résolvent. Or,j'ai, par-dessus tout, besoin d'être instruit, pacifié, édifié; aussi, après avoir feuilleté d'un doigt impatient ces séduc-

\. Cf. supra, pp. 45-46, ce que, dans ses Confidences, Lamar Une dit de ses premières lectures.

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