OTIS
Zoroaslre renouvela les temples du Feu qu'avait détruits Minoutchchr (p. 159).
Aliiioutchehr est le sixième roi de la dynastie mythologique des Pichdadiens. Le Modjmel ettawArik' ne parle pas de cette tradition de Textinction des temples du leu sous le règne de ce roi.
Fut*, après le Messie, parut Manès le Philosoplie (p. 159).
Ce fut sous Bahram,filsde Hormuzd, troisième roi de la dynastie sassanide, selon le Modjmel ettawârik', que fut saisi Manès. Convaincu d'athéisme, il fut exécuté ; le roi ordonna de Técorcher, de remplir sa peau de paille et de la suspendre à Tune des portes de Nichàpour où elle resta exposée' pendant longtemps. Quant à Bahram, il mourut de mort naturelle dans le Farsistân.
Du temps de Kohddy un des rois de Perse^ apparut Maidak (p. 159).
Mazdak, hardi réformateur persan du sixième siècle de J.-C, homme instruit et religieux, commença à introduire le communisme en Perse ; le roi Kobâd fut un de ses partisans. Anouchirwân, successeur de Kobâd, le fit mettre en croix avec cent mille de ses associés. Mazdak disait qu'il était entièrement condamnable qu'un homme occupât un rang distingué et qu'un autre restât pauvre. Il regardait comme souverainement injuste qu'un homme eût une femme belle, tandis que la femme d'un autre était laide, il disait qu'il était du devoir de l'homme juste d'abandonner sa jolie femme pour quelque temps à son voisin et de prendre sa femme laide. (^P^oir sur ce réformateur le Dabtsia?i or school of manners, translaled by David Shca and A. Troyer, vol. I, p. 373 et suiv.) Il est question dans cet ouvrage d'un livre intitulé Desnad et qui contient les doctrines de Mazdak; ceDesnad est maintenant perdu ou peut-être apocryphe ; voir aussi \e^ Pérégrinations en Orient de M. Eusèbe de Salles, t. I, p. ^5, et V Histoire du Bas-Empire de Lebeau, t. VII, p. 321 et suiv.)
Du tftnpi de Partcix, les troupes de Perse arrirèrent à Jérusalem (p. ICO).
L'Émir veut parler de Chosroés Parwiz ou Phirouz (590-628 de J.-C.)j ^^"^ *^ nom est devenu Abrouiz dans la transcription arabe. L'Émir répète ce que dit Mirk'ond dans son Hùtoire des Sassanidet , traduction de S. de Sacy, p. /i02 : « Les Perses firent prisonniers tous les évéques qui se trouvaient à Jérusalem avec beaucoup d'autres personnes, s'emparèrent de la Croix, qui était renfermée dans un coffre d'or et cachée sous terre, et l'envoyèrent à Parwiz. »
Du temps de Bouran, fille de Parwix, le bois de la Croix fut rendu à Djatâlik, roi des Grecs (p. ICO).
Bouran ou Pourandokt, fille de K'osrou Parv^iz, régna en Perse quelque temps après son père. Ce fut elle, comme le rapporte l'Émir, qui renvoya à l'empereur grec le bois de la Croix qui avait été pris par les Perses sous le règne de Parwiz. (^p^oir Histoire des Sassanides de Mirk'oud, traduction de Silvestre de Sacy, p. 411.)
Le mot Djâtalik est la représentation arabe du mot grec KaBoXiicoç, et s'applique à l'archevêque ou évéque des chrétiens en Syrie ; Abd-el-Kâder le fait rapporter au roi des Grecs ; il est probable que la restitution de la Croix se fit par Tintermédiaire de Tarchevêque ; cependant M. Caussin de Perceval dit dans son Histoire des Arabes avant Mahomet : « Ce fut vers 629 de J.-C. qu'Héraclius fit un voyage de Constantinople à Jérusalem pour y rendre grâces à Dieu de ses victoires sur les Persans, et replacer dans Téglise de la Résurrection la Sainte-Croix, enlevée par les troupes de Kesra. » {J^oir Touvrage cité, t. III, p. 205).
NOTK 121.
les SQktanis reconnaissent que Vopinion la plus exacte sur leurs évolutions est celle des Persans (p. 160).
Voici quel est Tétat actuel des connaissances des Persans en astronomie. Les savants de la Perse connaissent Uranus découvert en 1781 par Herschell , et Neptune découvert en 1846 par M. Leverrier. Ils savent que ces deux planètes sont plus éloignées du soleil que Saturne ; mais, selon leurs habitudes, ils ne les classeront sur leur catalogue officiel que lorsqu'il existera un siècle accompli depuis leur découverte. Quant aux planètes télescopiques, comme ils observent ordinairement
à l'œil nu ou avec des instruments très imparraits, malgré la beauté et la pureté du eiel d'Asie, si favorable aux travaux astronomiques, ils ne les connaissent que très-imparfaitement ; mais ils ont fait une étude particulière des étoiles, et leur catalogue passe pour être d'une grande richesse.
Il a jfris les dés (p. 161).
Le mot foçou», pi. de fass, littéralement : chatons, désigne ici les dés du jeu de Nard; pris dans ce sens, il manque dans les dictionnaires.
U habitait la ville d*Açd, Ce fut le grand philosopJie, sans rival parmi les philosophes du kalifai (p. 162).
Açà est probablement le nom tronqué de Stagyre , ville où naquit Aristote, 384 avant J.-C, mort à Chalcis, 322. Abd-el-Kâder, en disant qu'Aristote fut le philosophe sans rival parmi les philosophes du Kalifat, veut dire sans doute que sa philosophie dominait les études à cette époque.
Platon apprit de Socrate, que le peuple tua parce qu'il voulait empêcher les hommes d'adorer les idoles (p. 102).
Le texte porte : « Platon apprit de Socrate le tonneau (ainsi appelé), /)arc^ qu'il habitait un tonneau de ter7'e qu'il avait adapté à son usage, » Comme on le voit, rÉmir a attribué à Socrate, sur quelque tradition confuse, l'usage du tonneau de Diogène.
Le livre d*El-lchVmàVis contient la conquête des villes et des forteresses (p. 1G2).
Je pense que le copiste de l'Émir a donné par distraction un titre à la place d'un autre et qu'il faut mettre au lieu de Kitâh eUIcht'màt'is le titre qui vient après : Kitâb-el- Ichtirtâch : il est question d'un traité d'art militaire; fautil voir dans ce dernier mot une transciiption de arpxTy.- -pip.aTo;, au génitif, « stratagème? » Polyen, tacticien grec du 11* siècle après J.-C. , a fait un livre ; des stratagèmes (voir l'histoire de la littérature grecque de Schœll) ;
mais j*aimcrais mieux lire : Sr^aTeta;, au génitif,' « expédition militaire.» Ce titre, tel du moins qu'Abd-el- Kâder le donne , ne se trouve pas dans H'àdji K'alfa : c'est quelquefois peine perdue de chercher à deviner les titres grecs que ce bibliographe ne mentionne pas.
NOTE i26.
Le livre d'El-IchVirVdch traite des expériences sur la lune dans les stations et les conjonctions (p. 163).
Il faut probablement lire ici : Kitâb'el-Icht'màt'is, au lieu de l'autre titre. Nous trouvons ce titre dans H'âdji K'alfa à Tarticle Kitâh (voir k\, n° 9830 de rédition de M. Fliigcl), « Ritàb-el-istamatis, lilei* de anhelatione, » sans nom d'auteur. Mais Abd-el-Kâder parle d'un livre d'astronomie et non d'un livre sur Yasthmel II faut chercher cependant à tirer parti du mot istamatis : on pourrait peut-être lire sous ce mot : i^aarc;, au génitif, mot qui donnerait une signification passable, visage^ figure^ bouche. Les mansions ou conjonctions peuvent être figurées sans trop d'effort par un tête à tête ou un bouche à bouche de deux astres de sexe différent.
On trouve, parmi les Grecs, Empédockt qui vivait du temps de David le Prophète (p. 163).
Il est presque inutile de faire remarquer que ce philosophe grec, qui, suivant Abd-el-Kâder, vivait du temps de David le prophète , florissait au V siècle avant J.-C. La philosophie d'Empédocle était en grand honneur chez les Arabes.
Sous le règne du Grec Faldifach, se fit la traduction correcte de la Bible de* l'hébreu en langue grecque et latine. D'autres disent que ce fut sous le règne de Feîlâdâfous (p. 1G4).
Les noms de Faldifach et Feîlâdâfous dont TÉmir fait deux personnes , semblent n*ètre tous les deux que la transcription altérée de Philadelphe , surnom de Ptolémée II, deuxième roi lagide d*Égyple (285-247 av. J.-C.) sous lequel se fit la version des Septante, en 275 avant J.-C. Makrizi, en parlant de Ptolémée Philadelphe , dit que de son temps on traduisit le Pentateuque et les Prophètes de la langue hébraïque en langue grecque, ionienne et latine , roumi, iounâniy
lai*ini. (Mai), ar. de la Bibl. Impér., n" 682, f» 8^, r^ et la Ilelation de l'Egypte d'Abd-el-latif, traduction de Silvestre de Sacy, p. 499).
La langue des anciens Grecs s^appelait el-agrikia; c*est une des langues les pltu vastes, La langue des modernes s'appelle latine; car les Grecs sont composés de deux peuples : les latins et les agrikiens (p. 104).
L'Émir a suivi ici H'àdji K'alfa qui, parlant des Grecs, {ahl El-Iotmân)j dit qne la langue des anciens Grecs, qui est une langue très-riche, s'appelle Agriki et celle des modernes latini; car ils se divisent en deux branches, les Grecs (^Agrikiomi) et les Latins (^latinoun) (man. ar. de la Bibl. imp., n° 733, f. 10, cité par S. de Sacy dans sa traduction de la Belation de l'Egypte d'Abd-el-Latîf , p. 500). Le mot Agriki est une corruption du mot grœcus. Les Arabes ont -ajouté un élif au commencement, suivant leur usage, à cause du concours de deux consonnes. Ils appellent quelquefois la langue grecque roumia agrikia et aussi lat'ini et ^^ar corruption lit*t.
Les Arabes désignent par les mots Agrikioutiy lounànioun^ les anciens Grecs ; le mot Roum s'applique aux Grecs de Teropire d'Orient et aux Romains.
Les Romains sont El-Ketim, les Latins (p. 164).
El-Ketim représente peut-être le mot biblique de Cethim dans lequel les interprètes catholiques voient le nom de lltalic ou des Romains (Daniel, c. XI, v. 30). Cethim était le quatrième fils de Javan ; il est regardé aussi comme le chef de la première colonie qui peupla la Macédoine. Ce passage joue un grand rôle dans les discussions des théologiens. Il est probable qu*Abd-el- Kâder Taura connu par quelqu'un des ecclésiastiques avec qui il a été en rapport.
Lalkach, fils de ChatWach, fils d*Iouh (p. 164).
Ce personnage qui régnait vers la fin du U^ mille antérieurement au Kalifat, représenté comme fondateur de Tempire romain et qui légua le royaume à Romulus et à Rémus (ou Amlach de la transcription arabe), nous est tout à fait inconnu. Serait-ce Lelex?
Quatre mille cinq $€nts ans avant le commencement du Kalifat (p. 165).
La fondation de Rome, fixée à ^500 ans avant le Kalifat par TÉmir, n'eut lieu, comme on sait, qu'en 753 avant J.-C., suivant la supputation de Varron.
Ils ont une écriture appelée Es-Sâmia (p. 166).
Le mot Es'Sâmta est la représentation arabe du mot grec ar.aeTa qui désigne spécialement la sténographie (/^o/r Thésaurus de H. Etienne, nouv. édition, t. VII, p. 187, de MM. Hase et Dindorf.)
Je connais une écriture qui devance la parole en écrivant. Les nobles s'en servent; il n*est pas permis aux autres hommes d'en faire usage (p. 166).
En traduisant ce passage , je me suis demandé si la
sténographie datait de Galien. J'ai voulu vérifier le fait et j'ai prié M. le I> Daremberg qui connait son Galien comme Abd-el-Kâder le Korân , de faire quelques recherches : elles ont été inutiles. L'Émir a probablement emprunté ce fait à quelque récit arabe plus ou moins fondé.
Les Francs viennent de Japhetf fils de Noé (p. 167).
' Les Arabes désignent sous le nom de francs^ frandj, les Européens en général; mais ils n'ont en vue que les Latins : ils n'eurent guère de démêlé qu'avec les peuples du midi de l'Europe. — Les Indiens appellent les Anglais frandjioM ferengut.
Entre l'Espagne et la France^ il y a des montagnes âpres, avec des sentiers étroits, et qu'on appelle El-Bort (p. 168).
El'Bortj c'est-à-dire passage, vient de l'espagnol puerto. A l'égard de la chaîne des Pyrénées, dit M. Reinaud, les Arabes l'iippellent la Montagne des Ports ^ du mot latin portus , et de l'espagnol puerto, signifiant
passage y parce queii effet c'est par les Pyréuées qu'il faut passer pour communiquer de l'Espagne avec le continent. Les Arabes distinguent quatre ports ou passages qui , disent-ils , sont à peine assez larges pour donner entrée à un cavalier. Ces quatre passages sont i^ la route de Barcelone à Narbonne , par la ville actuelle de Perpignan ; 2° la route de Puycerda à travers la Cerdagne ; 5" la route qui conduit de Pampelune àSaint- Jean-Pied-de-Port; 4° enfin la route de Tolosa à Bayou ne. (^f^oir Invasions des Sarrazins en France^ p. 90,91.)
Les Djelàlika [^, 1G8).
Le mot Djelâlika , pluriel de Djelkia^ désigne lés Galiciens.
El-Francis s'était emparé, parmi les îles de la mer, de la Sicile, de Chypre, de Crète, de Gênes, de Rome et d'une partie de V Espagne jusqu'à Barcelone (p. 168}.
Sous le nom d'EI-Françis , TÉmir personnifie les Francs, les Latins.
Le mot qui répond à Crète dans le manuscrit est Amrii'achi il faut lire probablement akrifaeh; mais la véritable orthographe de Crète en arabe est AkrU'ich . (^Foir man. ar. de Nowaïri, f' 72, r^, n° 702, anc. fonds, Bibl. imp.)-
SoubatValah (p. 1C8).
Siège du royaume dlfrikia, Vancienne Sufetuïa. Ibn Sàid dit que ses ruines témoignent de sa grandeur passée. Depuis l'expédition de Bélisaire (an 533) et la défaite de Gelimer, dernier roi des Vandales, Tancienne province d'Afrique et la Numidie étaient retournées sous Tobéissance des empereurs de Constantinople. (^Foir la description du Pays de Magreb par Abou el-Féda, trad. de M. Ch. Solvet, p. 101 et 173, texte arabe de MM. Reinaud et de Slane.)
NOTE 1/iO.
Djelloula (p. 108).
Les ruines de Djelloula, l'oppidum ugaleium de Pline, se voient à cinq lieues de Kaïrouàn , vers le cou-
chant. Elles sont situées dans une région occupée par la tribu nomade des Oucelat; et ce fut, sans doute, d'après eux que le pays montagneux de cette partie de la Byzacène fut nommé Mons usaletanus. {Voir la traduction de Y Histoire des Berbères, par M. de Slane, 1. 1, p. 307.)
Bar'aia et Lamhesa (p. 1C8).
Bar'aia et Lambesa étaient deux places fortes de rifrikia. Le manuscrit porte lamis; c'est une faute de copiste ; il faut lire lamhes.
NOTE 14î.
les Grecs n'avaient aucun pouvoir dans le pays (p. 1C8).
L'Émir a emprunté ces détails à Ibn-K'aldoun. (^Foir Histoire des Berbères^ traduction de M. de Slane, p. 208 et suiv.)
Parmi les Francs était le roi Djirdjir, que les Arabes tuèrent au commencement de leur entrée en Tfrikia, année 27 de Vhégire (647 de J.-C.) (p. 168).
Djirdjir ou Grégoire , Préfet de la province romaine en Afrique, lorsque les musulmans envahirent celte province, était accouru avec une armée de Romains et de Berbères pour s'opposer aux progrès des Arabes.
A une distance de deux jours de Kairouân (p. 169).
D'après Abou'1-Féda, Soubaït'alah est à une distance de 70 milles de Kairouân.
Lorsque les Arahes envahirent Vlfrikia et tuèrent le roi Djirdjir (p. 169).
Il faut se reporter pour Thistoire de cette époque à l'ouvrage d'Ibn K'aldoun, Histoire des Berbères, traduction de M. de Slane, t. I, p. 209.
Les Francs se remirent en possession des pays que les Arabes leur avaient pris, et leur puissance s'accrut (p. 170).
L*Émir ne fait aucune distinction entre les rois de France et les souverains d*£spagne qui chassèrent les musulmans de leur pays.
KOTE 147.
Dans la période de CO ans qui vient après les 1200 ans de Vhégire (p. ni).
C'est-à-dire, suivant notre ère, après les 1800 ans: depuis le commencement du siècle jusqu'à nos jours.
Tout le gibier est dans le ventre de Vonagre (p. 171).
Ce proverbe arabe est expliqué de la manière suivante dans le commentaire d'Essafadi sur la RiçAla d'Ibn Zeidoun. (Man. arabe de la Bibl. impër., f*156r», n° 1504, ancien fonds).
Trois personnes sortirent pour chasser : la première prit un lièvre , l'autre une gazelle , la troisième un onagre. Ceux qui avaient le lièvre et la gazelle félicitèrent l'autre. de sa prise. « 2'out le gibier ent dan 9 le ventre de l'onagre^ répondit-il ; ce que j*ai rencontré contient ce que vous avez » ; il n*y a pas en effet de gibier plus important que Tonagre parmi les animaux qu'on chasse.
On rapporte que Mahomet se concilia Abou-Sofian en lui appliquant ce proverbe. Âbou-Sofian avait demandé la permission de voir le prophète : Mahomet différa un peu de Ty autoriser, puis il le lui permit. Abou-Sofian entra en lui disant :
— Tu m'écoutes si peu, que tu prêterais plutôt l'oreille aux pierres qui bordent le ruisseau — Abou-Sofian , lui répondit Mahomet, on peut dire de toi : Tout le gibier est d<An$ le ventre de l'onagre. Il Fattira ainsi à l'Islamisme.
{^Foir aussi sur ce proverbe le Meydany de M. Freytag, t. II, p. 316, et t. III, additions, p. A76, ainsi que le commentaire des Séances de Hariri par S. de Sacy , édition de MM. Reinaud et Derenbourg, t. II. p. ft68.)
On ne peut contredire Dieu d'avoir réuni le monde dans la main d'un seul homme (p. 171).
Ce vers que cite Abd-el-Kàder se trouve dan^ ta deuxième partie du premier voluoie (p. 763, publiée par M. L. Krehl) de Tédition du texte d'El^-Makkari, Histoire politique et littéraire des Arabes d'E$pagne, que j'ai eotreprise avec MM. Dozy, Krehl et Wright*
M. Ernest Renan a exprimé sur le premier des Césars français de nobles pensées dans un beau style : « C'est un des bienfaits de TEmpire d'avoir donné au peuple des souvenirs héroïques et un nom facile à compr^idre et à idolâtrer. Napoléon , si franchement adopté par iV magination populaire, en lui ofii*ant un grand sujet d'enthousiasme national, aura puissamment contribué à l'exaltation intellectuelle des classes ignorantes, et est devenu pour elles ce qu'Homère était pour la Grèce, l'initiateur des grandes choses, celui qui &it tressaillir la fibre et étinceler l'œil. » (^De l'activité intelleettielle en France en 1849, article dans la Liberté dépenser.)
Us ne coMntaient ni arec leurs mères, ni avec leurs filles, ni avec leurs sœurs (p. 174).
L'histoire ne parle pas de la cohabitation des fils avec leurs mères, des pères avec leurs filles dans le temps de Vlgnorance avant Mahomet; mais elle rapporte qu'une veuve était considérée, en quelque sorte, comme partie intégrante de Théritage de son mari défunt. De là ces unions fréquentes entre beaux-fils et belles-mères, unions qui, plus tard, interdites par Tislamisme, furent flétries par le nom de nicâhrel-makt, mariages odieux. (^Foir YEêêai sur l'histoire des Arabes avant Mahomet, de M. C. de Perceval, t. I, p. 350 et suiv., et pour tout ce qui concerne les mœurs des Arabes de cette époque.)
Fendant que nous étions dans un noble medjlcss (p. 175).
Le mot medjeless signifie une salle où l'on s assied, salle de réunion ; il se prend ensuite pour la réunion des personnes elles-mêmes qui se trouvent dans cette salle.
On dit : hada medjeless anis, voilà une réunion agréa* ble, séduisante; lorsqu'elle se compose de personnes intimes. — Ce mot, qui vient du verbe djeles, s asseoir, est Tanaiogue du mot français asêiêcê, A Tunis, on appelle le tribunal medjeless ou charà; il est à la fois conservateur et dépositaire de la jurisprudence et de la tradition judiciaire et légale des musulmans depuis le commencement de Tislamisme jusqu'à nos joui*s. Ce tribunal du charà constitue ainsi, dans la régence tunisienne, une véritable Cour de cassation, toutes chambres réunies; cour suprême pour connaître, en matière civile, des sentences des kadis et des muftis.
l^ous dimes alors : Les Grecs ? Artistes, — Les Chvwis ? Fantaisistes, — Les Indiens? Philosophes, — Les gens du Soudan? Les pires créatures de Dieu, — Les Turcs? Chiens ravisseurs. — Les K'azars? Troupeaux qui paissent, — Qui donc? Les Arabes! (P. 170.)
En citant cette anecdote, TÉmir a voulu peindre les nations dont il parle par le côté saillant de leur caractère, et en même temps montrer leur infériorité vis-à-vis des Arabes dont il fait un panégyrique pompeux.
En parlant des Grecs ou Romains (par le mot Boum, les Arabes désignent plus spécialement les premiers), il
les appelle des artistes. Dans le texte, il y a ash'âh manàa ; mais il faut lire sans doute sanàa. On sait que les Arabes connaissaient parfaitement Tart byzantin qui a eu une si grande influence sur le leur. Ils ont vu aussi en Arabie et en Afrique des vestiges des monuments romains.
Les Chinois sont appelés Ash'àb l'or fa : le mot i'orfa signifie une chose merveilleuse , nouvelle, agréable, plaisante. Les Chinois font, en art, des choses fantastiques, étonnantes. On connaît le fini de leur travail sur porcelaine, sur écran, enfin les chinoiseries. On lit dans la Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chine dans le ix" siècle : ce Les Chinois sont au nombre des créatures de Dieu qui ont le plus d'adresse dans la main pour le dessin, Tart de la fabrication et toutes espèces d'ouvrages ; ils ne sont surpassés à cet égard par aucune nation. » (Trad. de M. Reinaud, t. I, p. 77.) Ibn Batoutab, dans le quatrième volume que publient MM. Defrémery et Sanguinetti, p. 262, raconte que, pour ce qui regarde la peinture, aucune nation, soit chrétienne ou autre, ne peut rivaliser avec les Chinois : « Parmi les choses étonnantes que j*ai vues, dit-il, je dirai que toutes les fois que je suis entré dans une de leurs villes, et que depuis il m'est arrivé d'y retourner, j'y ai toujours trouvé mon portrait et ceux de mes compagnons peints sur les murs et sur des papiers placés dans les marchés. » Le mot
fantaisie tes dans noire tradoctîon, ne peut s*appliquer qu'au goût des Chinois pour la complication, le bizarre et les monstres , car ils ne savent quimiter; leur dessin est roide et sec comme les essais de Tenfance ; Tétude de la forme artistique leur est inconnue. Leur art si fragile n'a pu laisser aucune trace de son antiquité; on dirait qu'il a été toujours le même; immobile de sa nature comme le peuple qui Ta produit, ce n'est pas un art proprement dit, c'est plutôt une industrie merveilleuse qui en tient lieu. (^Foir Essai sur Fesprit de Vart archi-' tectonique, par M. A. du Peyrat, p. û7.)
Les Indiens sont philosophes ; on sait que l'Inde est le berceau de la philosophie ; c'est sur cette terre que la conscience humaine commença à palpiter pour la première fols.
Les gens du Soudan sont regardés comme les pires créatures de Dieu; les nègres sont peut-être au pied de l'échelle humaine, si toutefois il y a une échelle. Dans une Satire contre les tribus arabes, traduite par M. le docteur Sanguinetti, Journal asiatique, juin 1853, on trouve un trait contre les noirs : « Ne vous mariez pas avec des enfants de Cham, ce sont les êtres difformes parmi les créatures de Dieu. »
Les Turcs doivent leur qualification de chiens ravisseurs à leur ancien esprit de conquête, d'envahissement.
Les K'asars, campés au v* siècle près de la mer
Caspienne, virent leur territoire envahi, de 882 à 885, par les Varèques ; les progrès des Petchenèques ne leur laissèrent que la Crimée, d'où Sviatopolk I" les chassa en 1016. Leur nom disparut alors de Thistoire. On voit que ce peuple, représenté comme des troupeaux qui paissent, avait Fhumeur assez paisible.
Mouça^ fils de Noçair, fit arriver la mer sur un espace de douxe milles j\isqu*à V Arsenal, à Tunis (p. 178).
11 est ici question du bassin de l'Arsenal que fit creuser Mouça pour amener les eaux de la mer jusqu'à Tunis. Dâr essinâà (mots dont nous avons fait arsenal) est le vaste chantier que fit construire Témir Haçan-ben-cl- Nôman, sous le kalifat d'Abd-el-Malek-ben-Merouan, d'après le cheik' Ettidjàni. ( P^oir le Foyage de ce cheik', traduit par M. A. Vlow^^q^xx^ Journal asiatique, août-septembre 1852, p. 69.) On trouvera dans un des ouvrages de M. Michel Amari, Storia dei mtisulmani di S ici lia, t. I, p. 123 et suiv., l'indication des auteurs arabes qui ont parlé du fait que v\ie Abd-el- Kâder.
NOTE 15/i.
A partir du kalifat d*Omar, fils d'El-K'atH'db, jusqu*après celui d*Omar, fils d'Âhd-el-ÂsiXt on creusa le canal qui est du côté d'El'Fostdtf et qu*on appelle canal de l*Émir des Croyants (p. 178).
Ce fut sur remplacement de la Babylone d'Egypte (Alexandrie) détruite par Amr, fils d*EI-Aâçi^ que s*éleva la ville de Postât , qui devint la résidence des gouverneurs et la capitale de la feitile vallée du Nil. Un ancien canal, ouvrage des Romains, mais comblé parles sables du désert, fut creusé de nouveau , établissant, entre le Nil et la mer Rouge, une communication facile, à Faide de laquelle les blés du Delta étaient en qnelques jours transportés dans les ports de l'Arabie. {F air Y Arabie de M. Noël Desvergers, p. 243.) On lit dans {eMeràçidel4ttila (édition de M. Juynboll, 1. 1, p. 363) que le Kalife Omar ordonna à Amr, fils d'EI-Aik;i, de creuser un canal de la merde Kolzoum au Nil : des navires y naviguèrent bientôt , mais ensuite les préfets le laissèrent combler par les sables. Il fut interrompu et prit fin à l'endroit connu sous le nom de la Queue du Crocodiley du côté de la plagede Kolzoum. Maçoudi, d'après M. Qnatremère, dit qu'un prince avait choisi pour point de départ du canal, du côté de la mer Rouge, le lieu nommé
la Queue de Crocodile , situé ù un mille de Kolzoum, et où Ton voit un large pont sur lequel passe la caravane de l'Egypte. (^Foir Mémoires géographiques sur l'Ê^ gypte, t. I, p. 174 ).
On raconte que la bibliothèque d*Égypte, sous la dynastie des
Ohéidites, comptait deux millions six cent mille livres
Voilà un chiffre qui parait bien exagéré. Parmi les bibliothèques qui ont existé dans les États musulmans, une des plus belles et des plus nombreuses fut sans doute celle que les Kalifes fatimites avaient rassemblée au Caire. Cette magnifique collection se composait de dixhuit chambixîs, où se trouvait réuni un nombre prodigieux de livres ; on y comptait dix-huit mille volumes consacrés à l'exposition des sciences anciennes , deux mille quatre cents Alcorans écrits par les plus habiles calligraphes et dont les reliures brillaient d'or et d'argent, vingt exemplaires de l'Histoire de Tabari, dont un aHtographe,c<întdu grand dictionnaire d'Ebn-Doreïd, etc. (Journ. jésiat.j p. 55, juillet 1838, c^i^^ote/ des livres chez les Orientaux^ article de M. Quatremère.)
Outre la grande bibliothèque des Kalifes fatimites , il en existait, au Caire , une autre au dar-el-ilm^ maison
de la Science), qui était la pins ancienne université du monde, fondée, plus d'un' siècle avant celle de Bologne, le 24 mai 1005. (^Foir additions au Mémoire de M. Quatremère, par de Hammer, Journ. Aêiat,, février 1848, p. 188.)
Comme U commentaire d^Er-Râxi et autres (p. 179).
Il s'agit probablement d'un commentaire sur le Korân. H*àdji K'alfa parle de trois ouvrages intitulés : Tâfçir Erràzi : V" le plus ancien et le moins connu a pour auteur Abd-Allah Ibn Âbi Djàfar £r-ràzi, H'àcjyi K'alfa ne le cite que d'après un ouvrage de Talébi {voir t. H, p. 361, n» 3272, édition Flùgel); 2'» D'eià'l-Kohuk fiHafçir qui a pour auteur Abou'i-fath' salim Ibn Ayyoub Er-râzi, mort en 447 (10S6 de J. C.) {voir t. IV, p. 124, n«7854, id.) ; 3* MefAtiK Er^'mh (les clefs du secret), connu sous le nom de Grand Commentaire , dont l'auteur est l'Imàm Fak'r £d-din Moh'amœed Ibn Omar Er-râzi, mort en 606 (1209 de J. C); grand ouvrage , mais non acbevé , dît H'àdji K'alùi^ d'après Ibn K'allikân. (^Foir t. VI, p. 5, n*> 12,516.)
De ces trois ouvrages, le dernier r^[>ondratt à celoi dont Abd-el-Kàder donne la description; mais coome il parie d'un livre qui flùsait partie de la bibliotlièque des
Fatimites au Caire , et que la destniclion de ce grand dépôt de livres eut lien scms le Kalife Mostanser , qui régna de 1031 i 1094 de J. C, il ne peut être question de riBiàm FakV eddtn Erràzi, mort en 1209. C'est peutêtre à Tnn des deux premiers auteurs qnll faut attribuer le commentaire dont parie rÉmir. Comment établir une opinion solide sur un simple nom ethnique? Il faut reconnaître que les auteurs arabes, lorsque plusieurs personnages portent le même nom, les confondent aàsez généralement en donnant à Ton ce qui appartient à Tautre.