Lettre inédite
i96 LE LIVRE D AMOUR DE SAINTE-BEUVE
mées; notre trésor le plus beau de jeunesse, d'enthousiasme, de présages, de sagacité prophétique, périt avec eux, et nous restons demi-ruines et appauvris L »
Le 27 mars 1840, il n'était pas moins sévère pour les Rayons et les Ombres^ dans une lettre à Olivier :
Les Rayons et les Ombres ont paru. II y a de très belles choses, de plus belles que jamais, mais aussi de plus détestables. A côté de vers charmants sur rameur :
Aimer c'est... croire au rayon, c'est... regarder à l'étoile, c'est... mettre la main à ce qui bout.
N'est-ce pas comme si, au milieu d'un beau salon, on apportait tout d'un coup une marmite ? Il y a beaucoup de ces incongruités-là. Ce ne sont plus des taches, ce sont des immondices 2.
C'est sans doute sous la même impression et pour se soulager en exprimant une bonne fois la révolte de son goût classique, qu'il composa au mois de juin, le rude article des Gladiateurs littéraires^ où il jugeait sans ménagement le talent de son ancien ami ; et s'il n'osait pas le rendre public, il le conservait précieusement dans ses papiers, pour plus