Poésies, U, 12G
La Musc, en se voilant, de moi se retirait,
Par Toi, d'une prompte clémence, Sa voix, qui se taisait, tout d'un coup recommence.
Par Toi renaît son chant secret,
Plus secret que jamais, plus tendre.
Que la Gloire ne peut entendre.
Mais que TAmour écoute, en nous disant tout bas
Quelle belle, un jour, consolée (Quand nous ne serons plus) nous lira dans Tallée
Où plus d'ombre retient ses pas.
Et s'il survient, par aventure.
Quelque indiscret dans sa lecture, Elle rougit, pourtant n'ayant rien à cacher*...
Il l'avertit des précautions qu'il prendra pour que ses poèmes d'amour parviennent à la postérité, indulgente aux faiblesses de la passion :
La jeune Invention ne me visite plus;
Avant de leur revoir leurs ailes nuancées,
J'ai besoin de couver bien longtemps mes pensées,
De recueillir mes jours en cet unique emploi,
Et de me souvenir, chère Adèle, de toi.
Ainsi, fervente encor, sans regagner Tiviesse, Ma Muse, à te chanter s'applique avec tendresse. Je m'y plais, j'y séjourne et m'y fais un abri ; Et ceci, dans mon chant, quelquefois m'a souri Qu'après ces soins pieux de s'aimer, de s'écrire. Nous, passagers en deuil, chacun dans son navire, A l'heure inévitable où rouleront sur nous La tempête funèbre et le gouffre jaloux ^