‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 128 sur 166 · Pièce V · texte numérisé non relu

Pièce V

Quelque flacon scellé, revomi par l'abîme, Sauvera nos deux noms, leur alliance intime, Notre double mémoire aspirant à s'unir, — Tout ce qu'absout toujours l'indulgent avenir * 1

Il lui fait espérer qu'un jour leurs noms unis seront répétés par les amants, ou du moins par les plus tendres et les plus délicats d'entre eux.

sainte Poésie, intime, et qu'il faut taire.

Belle aujourd'hui pour une..., un jour pour quelques-uns, Mon secret devant tous, mon orgueil solitaire. Amour a doublé tes parfums!

Poésie odorante, immobile et pâlie !

Berceau que nul zéphir n'essuie et ne déplie !

Oh! puisse-t-il un jour, si chéri dans son ombre. Berceau qui nous aura, tous deux, si peu reçus. Sous ses rameaux baissés, toujours clos au grand nombre. Mais des vrais amants aperçus,

Puisse-t-il immortel dans sa fleur encor rare. Peindre aux tendres heureux nos noms avec honneur, Et par nos chants si doux sous le sort qui sépare. Leur dire d'aimer leur bonheur 2 !

Ainsi, elle et lui, paraissent d'un commun accord avoir voulu assurer la mémoire de leur amour, et l'existence des vers où il était célébré.

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