Pièce XIV
En attendant que Theure vint de révéler ce mystère, Sainte-Beuve se donnait du moins la joie d y faire de multiples allusions dans ses divers écrits. En 1831, dans les Annales romantiques^ il publiait sa pièce A iH°* Pauline F..., où il chantait le ménage Hugo. Le 19 juillet 1834, il donnait son roman de Volupté^ confession personnelle, autobiographie voilée, où se laisse deviner sa passion. Le 15 décembre 1836, dans la Revue des Deux Mondes^ il citait les pages de son propre Arthur qui se rattachaient obscurément à cet épisode.
Mais cela n'était pas assez. Le secret du Livre d'amour lui-même lui pesait. Il appréciait, — il s'exagérait peut-être la valeur de ces poèmes. Il lui semblait trop dur, poète méconnu qu'il était, de ne pas obtenir la louange qu'ils lui eussent méritée. Toutes les fois qu'il l'a pu, il en a donc publié des fragments ou des morceaux selon son procédé anonyme ordinaire : dans son Journal inédit, il nous explique en effet que tous les vers publiés dans ses écrits, sans nom d'auteur, sont de lui. Le 5 octobre 1830, nous l'avons vu^ il se citait dans l'article sur Diderot. Le 1" janvier 1832, il donnait à la Revue des Deux Mondes le morceau : Oh ! que son jeune cœur,,,, avec musique de M™® Menessier-Nodier. Le