‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 15 sur 166 · Pièce XXXV · texte numérisé non relu

Pièce XXXV

2i LE LIVRE D' AMOUR DE SAINTE-BEUVE

Il fait remarquer lui-même avec quel art il a imité Fode de Gollins : « Le poète a cherché dans cette imitation à rendre surtout la couleur et le mouvement rythmique de l'original, etc.* ». 11 s'agit bien de cela ! Eh ! mon ami, dis-nous ta passion, puisque tu as jugé à propos de nous la dire ; mais laisse-nous remarquer nous-mêmes, si bon nous semble, la manière dont tu la dis et n'arrête point, par tes observations intempestives, l'émotion, que tu veux produire en nous !

Mais ce n'est pas assez. L'auteur est encore animé d'un souci d'exactitude et de minutie, bien fâcheux à ce degré chez un poète.

11 s'érige lui-même en commentateur de son œuvre. 11 semble prendre à cœur de ne laisser dans l'obscurité aucune allusion, si rapide ou insignifiante qu'elle puisse être, aucun détail, si indifférent qu'il soit. Lorsque, dans un. vers, il prête des yeux « bleus » à son amie, tandis que partout ailleurs il parle de ses yeux noirs, passe encore qu'il nous donne l'explication : « Fait non pour elle directement, mais dans sa pensée et en déguisant la couleur de ses yeux; ce devait être mis dans un roman^ » : il n'est pas mauvais que l'apparente contradiction soit résolue. Passe que, pour excuser le contraste

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