‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 152 sur 166 · Pons, p · texte numérisé non relu

Pons, p

3. Est-ce de son assentiment que Guttinguer avait cité dans la Gazette de France du 9 mai 1858 (Hevue poétique) quelques-uns des vers que Sainte-Beuve avait, en 1829, adressés à M"** Huge?

plus possible de son Livre d' amour : vingt-six pièces entières et un fragment, sur quarante-cinq*.

1. Voici le détail. Pièce l : Poésies, I, 193. Sainte-Beuve y ajoute une seconde épigraphe, de Bussy-Rabutin, et la note finale. — Pièce II : Poésies, I, 218. Sainte-Beuve y ajoute une épigraphe de la Boétie et l'épigraphe de La Fontaine dont il avait fait, dans Texemplaire annoté, la seconde épigraphe du livre. — Pièce III : Poésies, l, 210. Sainte-Beuve y supprime la note : « Fait non pour elle, etc ». — Pièce IV : Non recueillie. — Pièce V: Non recueillie.

— Pièce VI : Poésies, I, 222. Sainte-Beuve supprime la date : 1" septembre 1831. — Pièce Vil : Poésies, I, 223. Sainte-Beuve remplace le litre A. Ad. par celui-ci : Les lettres brûlées et supprime la date : 4 septembre 1831. — Pièce VIll : Poésies, 1, 2;<6. Ce n'est qu'un très court extrait de la fin, qui, selon la note du Livre d'amour, date du même temps que la pièce finale, XLI. Sainte-Beuve y reproduit la petite note où il expliquait que « la plaine des Lilas « est Romainville. — Pièce IX : Non recueillie. — Pièce X : Poésies, II, 283, (après les Pensées d'août), précédée de cet avis: « J'ai souvent essayé de l'élégie et j'en ai fait de bien des sortes. En voici une que je crois pouvoir détacher d'une suite où elle était tout à fait à sa place, pour la présenter ici comme échantillon d'un genre assez nouveau : à la fois tendresse et pureté, et réalité toujours. C'est ainsi que j'essayais de pratiquer, dans mes cadres moyens, la poétique précédemment développée dans l'Épitre à M. Villemain. »

— Pièce XI : Non recueillie — Pièce XII : Poésies, I, 225. Sainte- Beuve supprime sa note grammaticale : « Encore une phrase incidente...», quifaisaitallusionàune note de la pièce IX, non recueillie.

— Pièce Xlll: Non recueillie. — Pièce XIV: Poésies, l, 231. — Pièce XV : Non recueillie. — Pièce XVI : Non recueillie. — Pièce XVll : Poésies,!, 228- Sainte-Beuve supprime le sous-titre : Octobre. Elle est à Bièvre, et la note tirée de la traduction latine de VOdyssée. — Pièce XVlll : Poésies, 1, 228. Sainte-Beuve supprime la date: octobre 1832. — Pièce XIX : Poésies, I, 241-242. — Pièce XX : Poésies, 11, 100, (après les Consolations), Sainte-Beuve y ajoute la note: «C'était une allusion, etc. » — Pièce XXI : Poésies, I, 277. — Pièce XXII : Poésies, I, 229. Sainte-Beuve supprime l'épigraphe tirée de ses propres lettres. — Pièce XXllI : Non recueillie. - Pièce XXIV : Poésies, I, 23i. — Pièce XXV : Poésies, I, 235. Sainte-Beuve y ajoute la note de la page 236. — Pièce XXVI : Poésies, I, 195. — Pièce XXVll: Non recueillie. — Pièce XXVlll : Poésies, 1, 198. — Pièce XXIX : Non recueillie. — Pièce XXX : Poésies, 1, 198. Sainte-Beuve supprime le sous-titre Aux Champs-Elysées et ne garde de la note que le renvoi :

Rien n'y désignait Adèle, les passages capables de déceler son vrai nom avaient été modifiés ', et les pièces qui la concernaient se trouvaient

Homère, Iliade, XIV. — Pièce XXXI : Non recueillie. —Pièce XXXII : Poésies, \y 238. Le vers du Livre d'amour.

Le vieil hôtel Saint-Paul dans son unique reste est corrigé en

L'hôtel des vieux Capots, etc.

La date : juin est supprimée. — Pièce XXXIÏI : Poésies, I, 230. Sainte-Beuve donne ici la leçon manuscrite de Texemplaire annoté.

— Pièce XXXIV : Non recueillie. — Pièce XXXV : Non recueillie.

— Pièce XXXVI : Poésies, I, 273. — Pièce XXXVII : Non recueillie.

— Pièce XXXVlll : Poésies, \, 227. Sainte-Beuve remplace la mention : Préc;i, par la mention : ou hord de VOise. — Pièce XXXIX •' Non recueillie. — Pièce XL : Non recueillie. — Pièce XLl : Poésies, I, 246. Le nom de Martine est remplacé par Lénore. — Pièce finale I : Poésies, I. 248. La date 1837 est supprimée. — Pièce finale H : Non recueillie. -— Pièce finale 111 : Non recueillie. -— Pièce finale IV : Poésies, I, 249. Sainte-Beuve supprime la date : décembre, et ajoute une épigraphe tirée de la Nouvelle Hélo'ise. —

Outre les citations qu'on a pu lire ici-même, on retrouve dans le livre de Pons des fragments de la pièce IV (p. 57, 58, 67, 68, 85), de la pièce VIII (p. 61, 72, 85), de la pièce X (p. 82), toute la pièce XI (p. 70), des fragments de la pièce XVI (p. 87, 88, 89), de la piè^ XXXI (p. 69), toute la pièce finale 111 (p. 90). Le sonnet: Osons tout (p. 105; cf. Poésies, l, 217) est consacré à M"* d'Arbouville ; la pièce : Comme au matin (p. 71 ; cf. Poésies, I, 221) n'est pas dans le Livre d'amour, mais paraît bien se rapporter à • la même passion ; quant à la pièce : Au temps de nos amours,., (p. 74; cf. Poésies, I, 188) je crains bien qu'elle ne s'y rapporte aussi : le poète y parle du « jaloux » dans les mêmes termes dont il en parle en bien des pièces du Livre d'amour et les souvenirs qu'il y rappelle se rapprochent bien de ceux qu'évoque en termes plus voilés la pièce : D'autres amants ont eu (voir la fin). Heureusement, il n'a pas inséré : Au temps de nos amours... dans le recueil : c'eût été trop infâme.

1. Voir les variantes de la pièce XXXll et surtout de la pièce XLl,

dispersées, mêlées à d'autres écrites pour d'autres femmes, par exemple M""® d'Arbou ville ^ Sans doute Victor Hugo put encore Ty reconnaître ou

1. Les poèmes consacrés à M"»" d'Arbouville sont très faciles à désigner: ils ont paru à part (vers 1844 ?} dans une petite brochure in-S" de 29 pages, recouverte du même papier vert que le Livre (Vamoui\ sans titre (encore une imitation de Guttinguer), sans date, sans lieu, sans nom d'auteur ni d'imprimeur. M. de Lovenjoul possède un exemplaire de cette brochure, sur la première page duquel (page toute blanche) Sainte-Beuve avait signé son nom et écrit audessous de sa signature : « Ces vers sont de moi ».

Cette brochure contient : I. « Depuis déjà longtemps, je ne chante plus ; mais quand une blessure m'arrive, il m'échappe, en fuyant, quelques gouttes de sang sur les fleurs ; — et ce sont mes seuls vers. /> (D'un poète persan). N'existe que là. — II. Amie, il faut aimer... : Poésies, I, 204. — III. Dans les coins bleus... : Poésies, I, 205. — IV. Quant votre père...: Poésies, I, 207. — V. Plus que narcisse... : Poésies, 1, 208. — VI. Rondeau : Poésies, I, 211. — VII. Sonnet. Une soirée encore... : Poésies, I, 214. — VIII. Comment chanter... : Poésies, I, 209. — IX. Dans le goût de l'anthologie. (La première rédaction, corrigée au crayon, était : imité de) « Ils disent que votre lèvre charmante exprime la fermeté. Mais combien elle exprime autre chose encore, même dans votre repos! — Et quelle autre chose ? — Oh ! un je ne sais quoi : cela prend un nom quand vous parlez. » N'existe que là. — X. En vue d'elle. « Dans l'amour même, à le prendre au vrai et si quelque vanité étrangère ne s'y mêle, on est beaucoup plus sensible à ce qu'on y porte qu'à ce qu'on y trouve. De là vient qu'à l'instant où l'on sent qu'on y porte moins, on s'en dégoûte souvent avec un cœur fier et qu'on résiste si aisément à celui qu'on inspire. » {Pensées morales) : Port, femmes 317, XXXI. — XI. Héroïde : Poésies, I, 212. — XII. Dans ces essors... [La citation grecque de la note est ajoutée à la main] : Poésies, I, 215. — XIII. Sonne/. Osons tout... : Poésies, I, 211. — Les morceaux en prose, sont sans doute des canevas abandonnés comme ceux du Dernier Rêve. Ils attendaient d'être mis en vers, quand Sainte-Beuve s'est décidé à reprendre sa liberté et à écrire le sonnet de rupture. Osons tout... : comme les premiers attendaient, quand le refus de M"» Pelletier rendit sa liberté à Sainte-Beuve.

En somme, Sainte-Beuve aurait donc écrit trois Livres d'amour : celui d'Adèle, celui de Frédérique Pelletier et celui de M** d'Ar-

Ty deviner* ; mais comme elle y restait voilée, il ne publia point la violente réponse qu'il avait préparée.

Et néanmoins, M™^ Victor Hugo continuait à écrire,

bouville. Le premier seul est achevé, — parce que la première idylle seule est allée jusqu'au bout.

Ces trois livres d'amour ont été divulgués (dans im cercle restreint) ver» la même époque, vers 1843-45, comme si, en ce tempslà, Sainte-Beuve avait voulu faire une espèce de liquidation générale de ses vers d'amour. C'est en effet en 1843 qu'il imprime, annote sans doute et distribue à quelques amis le Livre d'amour proprementdit. C'est vers 1845 qu'il communique également les deux autres. On lit dans V Intermédiaire des Chercheurs (25 janvier 1877, réponse à la question, X, 39) : « Ce fut en 1843, vers juin ou juillet, que Sainte-Beuve me fit cadeau de ses Poésies complètes^ que j'emportai à Dieppe et que je lus avec délices sur les dunes. Charpentier venait de les éditer la même année. A la même époque aussi, si ma mémoire est fidèle, Joseph Delorme me fit l'honneur de me donner deux brochurettes habillées de vert, dépourvues de millésime et de nom d'éditeur : poésies intimes, blessures du cœur, une sorte de dépôt confidentiel. Ce ne peut pas être de ces productions, je suppose, qu'a voulu parler M. Juste Olivier [dans les lignes, que je cite page 223 et que l'auteur de la question X, 39 avait reproduites] bien plus engagé que moi dans l'intimité du poète. L'un de ces petits recueils a pour titre Un dernier Rêve. Au premier feuillet de l'autre, sont inscrits en façon d'épigraphe quelques mots empruntés à un poète persan. » Ces lignes sont signées Jacques D. — Je suppose que, dans ce passage, 1843 est une erreur. 11 faut sans doute lire /^45, année de la réédition des /^oés/escomp/è/es chez Charpentier, il n'y en eut pas en 1843.

1. La fin de la note ajoutée aux Consolations la désignait clairement pour lui : « Moi-même, à la fin de 1830, j'éprouvai dans ma vie morale des troubles et des orages d'un genre nouveau. Des années se passèrent pour moi à souflrir, à me contraindre, à me dédoubler. Je confiai toujours beaucoup à la Muse, et le recueil qu'on va lire (les Pensées iV août) aussi bien que les fragments dont j'ai fait suivre précédemment l'ancien Joseph Delorme et que j'ai glissés sous son nom, le prouvent assez. Le roman de Volupté fut aussi une diversion et ceux qui voudront bien y regarder verront que j'y ai mis beaucoup de cette matière subtile à laquelle il ne manque qu'un rayon pour éclore en poésie. » (Poes/fs, 11, 126.)

à Sainte-Beuve ; elle continuait à le voir. Pons Taaperçue chez lui : « Un jour que je me trouvais chez lui, survint une dame qui, connaissant le chemin, grimpa lentement le petit escalier, après avoir jeté son nom à la servante. Lorsqu'elle redescendit, accompagnée cérémonieusement jusqu'à la porte par le galant critique, je vis une personne déjà âgée, aux traits nets et décidés, d'un profil italien plutôt que français. Le léger duvet, qui, dans la fleur de la jeunesse, estompait la lèvre supérieure et n'était sans doute qu'un charme de plus, s'était accentué avec le temps d'une façon moins gracieuse : aussi, quand nous fûmes seuls, ne puis-je m'empêcher de lui dire : « Eh ! tnais ! elle a une fière moustache, votre connaissance!» — « Ah, répondit-il avec un triste sourire, nous ne sommes plus jeunes ni l'un ni l'autre ^ » M. Troubat nous atteste lui aussi ces entrevues. En 1862, se trouvant en visite chez Louise Colet, il y vit une dame et un jeune homme :

c'était M""® Hugo et son fils Charles. Certaines facéties de Charles Hugo déplurent à M. Troubat qui ne le cacha guère. Mais Louise Colet lui fit assez vivement sentir que, chez elle, elle seule avait le droit de faire de pareilles observations. Le lendemain, M. Troubat dit à Sainte-Beuve qu'il

Page 1