Écho de Paris^ 19 octobre 1895 : Le Livide tV amour
3. BiKK, Sainte-Beuve^ Chateaubriand et Victor Hugo [Gazette de France, 3 février 1892).
reusement que cet exemple, dans notre littérature, qui ne -'^
s'est cependant pas privée de chanter ses amours, d'une pa- ^^
reille félonie et d'une pareille lâcheté. Et il n'a pas même ^
l'excuse d'un seul beau vers. Tout ce volume est pitoyable, ;
comme fond et comme forme, comme tous ses poèmes d'ailleurs. Vous avez bien raison d'éclairer à la fin toute cette fange, avec ce joli sonnet d'Arvers, si pur de sentiment et d'exécution. Je vous remercie beaucoup. Monsieur, de m'avoir envoyé cette étude et je vous prie d'agréer l'assurance de mes meil- .^
leurs sentiments.
Mais d'où vient que Sainte-Beuve ait commis cet acte inconcevable? D'où vient que cet homme, qui écrivait : « Cela n'eut pas publiable et ne le sera peut-être jamais convenablement^ », ait écrit d'autre part : « Mon intention expresse est que ce livre ne périsse pas - », qu'il en ait assuré avec tant de soin l'existence ultérieure et la publication future ? D'où vient que son tact et son bon goût seuls, — à défaut de sentiment moral, — ne lui aient point fait sentir l'inélégance d'une pareille trahison, — puisque la vilenie lui en échappait? D'où vient enfin qu'il n'ait pas prévu l'unanime révolte de la conscience publique, ou que, l'ayant prévue, il ait persisté à Taffronter? et quelle passion peut expliquer son aveuglement?
Est-ce sa rancune pour Victor Hugo? — Je ne le crois pas.
Certes, cette rancune était violente. D'abord,