Pièce XXIIl
20 LK LIVRE D'AMOUR DK SAINTE-BKUVE
sculpture, ou d'une habitude singulière de Pétrarque est-il utile de signaler lui-même Tinexaclitude légère ou de prouver l'exactitude de sa comparaison^ ? Et que nous importe enfin que Julie, la belle-sœur de son amie, ait été en pension àEcouen^, et que le fondateur du collège d'Éton soit Henri VI -K
La cause de tant de scrupules superflus, on doit la chercher sans doute dans un caractère particulier de son inspiration. Evidemment l'auteur s'est proposé d'extraire de la vie courante, intime, familière, banale môme, toute la poésie qu'elle peut porter en elle; et s'il se l'est proposé, alors que son sujet même, — une passion ardente et mystérieuse, — semblait l'entraîner bien loin de la réalité commune, c'est évidemment qu'il y était conduit par un goût personnel, par une vocation spéciale.
Rien n'est pluscurieux en effet quel'effort qu'on le voit tenter pour rendre le réel poétique et cependant ne s'en écarter point. Sans doute, en reproduisant les faits, il les regarde « au prisme de sa foi », il les embellit de l'éclat dont sa passion les colore, puisque, selon une de ses épigraphes, qu'il emprunte à Ballanche : « Tout se passe au fond de notre cœur et c'est notre cœur seul qui donne à