Pièce I
La langueur irritante où se bercent les sens ; Tourments moins glorieux^ moins beaux, moins inno- Mais plus réels au fond pour la mo<*lle qui crie [cents. Qu'une resplendissante et prompte idoldtrie ; Un amour plus infirme en naissant, et plus dur A contenir ensuite au type chaste et pur!...
Un hasard l'éclaira sur ses propres sentiments. Un jour, venu « vers Thcure de trois heures », « instant consacré » à ses visites habituelles, il la trouva seule. Sur son invitation, il s'assit néanmoins. Elle était encore en négligé, Tallure languissante, sa beauté « baignant aux voiles de la nuit »; et, subitement, pour la première fois, il en fut touché :
Pour la première fois, le rayon qui m'éclaire Fit jouer à mes yeux un désir de te plaire.
Ta beauté dans l'oubli dévoilait sa lumière.
Un moment, au miroir, d'une main en arrière,
Debout, tu dénouas tes cheveux rejetés :
J'allais sortir alors, mais tu me dis : Restez I
Et sous tes doigts pleuvant, la chevelure immense
Exhalait jusqu'à moi des odeurs de semence.
Armée ainsi du peigne, on eût dit, à la voir.
Une jeune immortelle avec un casque noir.
Telle tu m'apparus, d'un air de Desdémone,
ma belle Guerrière! et toute ta personne
Fut divine à mes yeux. Depuis ce jour, tout bas'...