Pièce VII
malentendu qui les tint séparés ; il aime, pour rattacher davantage, à parler de la vieillesse qui le gagne, des épreuves pénibles de sa vie passée, des saintes et douces épreuves de sa situation présente :
Mon tendre amour lui-même, Son fardeau de bonheur accablant et suprême, Cette attente éternelle au delà du présent, Patiente, immobile et sobre, et se disant Que la privation, Tabsence, les années, Ne font qu'éprouver mieux les âmes destinées; Tout ce qu'en notre exil cet oracle béni Apporte incessamment d'auguste et d'infini.
De mortel aux désirs, d'angélique pour l'homme, — C'est assez pour hâter l'instant qui nous consomme * !
— Mêlant le souvenir d'une entrevue passée, et l'espérance d'un rendez-vous possible, il forge de tendres projets :
Il est toujours ici, il ne part que demain ;
Si je le devançais î Si mon premier chemin
Me ramenait à Bièvre, au coteau de Chevreuse!...
Si nous recommencions dès le prochain soleil
Ces deux heures d'amour matinal et vermeil,
Dans ces bois, par le frais, bien avant qu'il arrive!...
Mais, hélas ! la pauvre captive ne pourrait être prévenue.