Pièce XXXVl
66 l^E LIVRE D'AMOUR DE SAINTE-BEUVE
amour ne suffit donc plus h embellir sa vie tout entière? Non, il ne suffit plus! Le poète en prend conscience : il est sorti seul, il a vu s'annoncer l'automne ; il en a senti la tristesse et tout d'un coup, agité d'un vague pressentiment, il s'écrie :
Est-ce aussi ton automne, Amour? oh ! pas encore ^ !
— L'automne le hante et l'attriste -, — Les coups du sort qui frappent autour d'eux lui paraissent comme autant de sombres présages : Quoi, cette jeune femme qu'ils ont vue tous deux, si joyeuse à une fcte familiale, « aux noces de Pavie », elle est morte! Un effroi le saisit et il se retourne, suppliant, vers l'amie :
Mais que serait-ce donc si cet amour profond, Eternel, et de qui tout un passé répond, Avant la jeune femme et sa fuite si vive,
Avant ce prompt trépas qui nous consterne tous, Lui comme elle au festin, lui près d'elle convive, Etait mort dan s nos cœurs ! . . . oh I vivons ! aimons-nous ^ !
Un amour de qui tout un passé répond ; un amour associé aux fêtes d'autrefois, à la mort d'aujourd'hui : ne semble-t-il pas plaider pour cet amour? — Mais, Pascal Ta dit ; « On ne prouve