‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 61 sur 166 · Cf. Dubois, cité par Lair · texte numérisé non relu

Cf. Dubois, cité par Lair

4. Cf. Volupté. — Voir la lettre à Tabbé Barbe {Nouvelle Coirespondance, p. 13).

pas seulement à ses idées littéraires; il le convertissait à ses croyances religieuses. L'ancien élève de Daunou et de Tracy, Tancien carabin, se répandait en effusions pieuses et en oraisons attendries. Les doctrinaires du Globe n'en revenaient pas : on leur avait changé leur Sainte-Beuve.

Cependant, le temps marchait. Sainte-Beuve, toujours en quête de ce grand amour, auquel il aspirait depuis sa jeunesse, avait fait des expériences trop nombreuses, trop faciles et par là môme infructueuses. J)epu\siS27 ^bienprès de dettxanrif^es avaierit distrait sans hriiit ses fautes entrainres, déjà il avait en vers chanté r Epoux-roi et le noiiveaii-né a'alors et rien encore sur Elle, et tout d'un coup, après cette scène que raconte en détail le Livre d'amour, ce fut en Elle que son cœur se fixa^

Nous avons vu quel portrait physique et moral il

1. Livre (Vamoui\ pièce VIII. — Cette date si précise, « bien près de deux années », exclut, me semble-t-il, une hypothèse de M. Faguet. Ce dernier supposait qu'on 1828, Sainte-Beuve avait fait tous ses voyages pour s'étourdir lui-même et s'arracher du cœur son amour naissant, et aussi parce qu'Adèle, ayant deviné sa passion, l'avait congédié en lui conseillant amicalement de s'éloigner pour se guérir {Victor Hugo et Sainte-Beuve : Uevue Bleue, 14 novembre 1S96). Mois c'est tout à fait h la fin de 1828 que Sainte-Beuve dit avoir couru cet amour; et il ajoute qu'il y eut « six mois de tourment » avant ({u'Adèle n'eût laissé voir qu'elle avait découvert son secret et qu'elle était aussi « atteinte ».

a tracé dans ses vers de cette Adèle alors aimée. Plus tard, sous le coup de la rancune, il a lancé contre elle une insinuation méprisante : « Jeune, on se passe très aisément d'esprit dans la beauté qu'on aime et de bon sens dans le talent qu'on admire. J'ai éprouvé cela*. » N'est-il pas curieux de retrouver tous les traits de sa peinture, — les plus favorables comme les plus malveillants, — dans le crayon que des hommes très divers ont laissé de M°*^ Hugo?

Théodore Pavie écrivait à son frère en 1842 : « Cette conversation était comme d'ordinaire percée en maints endroits par les questions intermittentes de M""* Hugo, sur ta femme, sur^es enfants, sur le père, sur toi. Tu sais : dans les « spectacles marins », un gros vaisseau passe sur une mer agitée où rien ne motive sa présence ; on le suit de Tœil, et tout à coup, psicht... boum !... le feu de la lumière et le canon. Ainsi les soirs où M^'^Hugo^ trônant devant son feu, acctieillante et distraite^ rêvant et non rêveuse^ se laisse aller à la petite de ses idées'. » — Champlleury dit de son côté : « J'ai eu le plaisir de voir dans son intérieur, vers 1847-1848, celle qui passait pour l'héroïne du Livre d'amour. C'était une

1. Cahiers, p.- 110. — La variante médite du Journal de Sainte- Beuve précise encore Tallusion.

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