Consolations, Xll, A deux absents (août
3. Consolations^ XVI, A. V. H. (septembre 1829 : date dans les Consolations et ia Couronne poétique de Victor Ilugo^ Charpentier, 1902). — L'original est daté d'octobre 1829. (Cf. Catalogue Bovet, série V et VI, n» 885, E. Charavay, 1884; et E. Lemaitrb, le Livre d'amour^ p. n et 19. Outre quelques différences de ponctuation aux vers 17 et 18, Lemaitre y relève ces variantes : « pâle lueur » au vers 6 et « voix vibre » au vers 9.)
cet ami «noble et tendre^ » » dontraffection a toutes les délicatesses -. Enfin on sait quel cantique d'admiration et d'amitié il lui adresse dans la préface de ses Consolations : « Mon ami, ce petit livre esta vous; votre nom s'y trouve presque ci toutes les pages ; votre présence ou votre souvenir s'y mole à toutes mes pensées. Je vous le donne ou plutôt je vous le rends... » ; et les dix pages qui suivent ne font que redire Téternelle et pieuse reconnaissance de l'impie plus qu'à demi-converti, pour le guide fraternel qui l'a conduit au bien par le beau, à la vertu, à la religion, par les conseils et par l'exemple.
Ce n'est point tout. Son zèle ne se contente pas des déclarations : il agit. C'est Sainte-Beuve qui donne h la Revue de Paris le récit de V Audience ac-
1. Consolations^ XXIII : Sonnet ^ A. V. H. (octobre 1829 : date des Consolations. Dans la Couronne poétique, cette pièce est datée : Route de Liège à Namur, 7 novembre 1829).
2. Voir encore la fin tendre et enthousiaste des pièces XVI ÎI et XIX.
Je m'épuise à i?ravir la colline bénie
Où siège Dante, où vont ses pareils en génie
— Où tu vas, Toi qu'ici j'ai pudeur de nommer.
Tant mon cœur sous le lien est venu s'enfermer:
Tant nous ne faisons qu'un, tant mon àme éplorée
Comme en un saint refuge en ta gloire est entrée.
(Octobre 1829.) et à Boulanger :
Ami, ne cessons pas...
Faisons pour nous, pour l'art, pour nos amis encor
Pour être aimés toujours de notre grand Victor.
(Octobre 1829.)
i08 LE LIVRE D'AMOUR DE SALNTE-BEUVE
cordve à M, Victor Hugo par Charles A', et colporte partout reloge de son indépendance envers le pouvoir' ; qui, dans ses deux articles sur Racine^ prépare le public à mieux comprendre et à mieux apprécier Hernani - ; qui se fait, dans le feu des derniers préparatifs, le secrétaire et Taide du poète •^; qui, le succès une fois obtenu, envoie aux fidèles dispersés des bulletins pleins d'enthousiasme pour « Victor ^ » ; qui, après la Révolution de juillet, « déroyalise » l'ancien chef delà Muse française et le « revendique au nom de la France nouvelle^ ».
Cependant, Tamitié de Victor Hugo pour lui n'était pas moins fervente. Ses lettres nous Tattestent. Au mois de novembre 1829, il répondait à Sainte-Beuve, en voyage aux bords du Rhin, avec Boulanger, — le Boulanger du Livre rf'flmoi/r^*. Atteint d'une inflam-
1. Premiers lundis, HT, 347. — Victor Uuqo raconté, II» 264 : « Le lendemain [du jour où on lui avait notifié rinterdiction de Marion Delorme], Victor Hugo causait avec M. Sainte-Beuve, on lui remit un pli portant le cachet du ministre de l'Intérieur. M. de la Bourdonnaye lui annonçait que le roi lui donnait une nouvelle pension de 4.000 francs. L'homme qui avait apporté le pli demandait s'il y avait une réponse. — Oui, dit M. Victor Hugo. 11 s'assit et écrivit une lettre qu'il tendit à M. Sainte-Beuve avant de la cacheter. — J'en étais sûr, dit M. Sainte-Beuve. La lettre refusaitla pension. M. Sainte-Beuve n'avait nulle raison de taire le fait. Les journaux le racontèrent. »