‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 73 sur 166 · Livre cV amour, pièce VllI · texte numérisé non relu

Livre cV amour, pièce VllI

LE LIVRE DAMOUR DE SAINTE-BEUVE il9

dans sa délicatesse, dans sa pureté d'à présent et dégagé de toute grossière idolâtrie ^ » Son héros professait une tendresse aussi innocente que la sienne même :

Oh 1 que son jeune cœur soit paisible et repose^ !...

Et si le roman eût été achevé, Adèle, malgré les yeux bleus d'Élyse, eût pu se reconnaître dans ces vers, comme elle y eût pu reconnaître les chastes sentiments qu'elle exigeait de son ami.

Mais le roman ne fut point achevé. La Révolution de juillet, qui l'interrompit, rappela Sainte-Beuve de sa villégiature normande. 11 revit Adèle. 11 reçut d'elle l'assurance qu'il nageait chaque soir en ses tièdes pensées, 11 se berça de l'idée ou de l'illusion qu'habituée jusqu'alors à se laisser passivement aimer par un autre, maintenant elle déployait sa belle âme j grâce à l'amour qu elle ressentait pour lui; que l'enfant qu'elle mettait au monde, tenant plus d'elle que du père, tenait aussi plus de lui qui régnait en elle. Il fut heureux d'être choisi par elle pour le parrain de cette petite fille 3. Mais tout cela ne lui suffisait plus. Le 17 septembre, il écrivait à Victor Pavie :

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