Premiers Lundis, I
Mais enfin il n'y aurait pas eu là de quoi faire pleurer Victor Hugo, s'il n'eût connu les causes de cette tristesse et de cette amertume, et s'il n'eût eu des raisons d'y prendre part à ce point. Sa lettre suivante du 8 décembre est d'ailleurs plus explicite encore. Il s'y défend d'avoir parlé légèrement de Sainte-Beuve et il ajoute :
N'ensevelissons point notre amitié : gardons-la chaste et sainte, comme elle Fa toujours été. Soyons indulgents, l'un pour l'autre, mon ami. J'ai ma plaie, vous avez la vôtre ; l'ébranlement douloureux se passera. Le temps cicatrisera tout; espérons qu'un jour nous ne trouverons dans tout ceci que des raisons de nous aimer mieux. Ma femme a lu votre lettre. Venez me voir souvent. Écrivez-moi toujours. Songez qu'après tout, vous n'avez pas de meilleur ami que moi.
Sainte-Beuve, qui s'était plaint auprès de Victor Hugo de prétendus propos malveillants, vint sans doute le voir, ainsi qu'il y était convié. Que se passa-t-il alors entre eux? C'est un mystère. Mais il y eut sûrement une explication bien grave, pour que trois mois après, le 18 mars, Victor Hugo la lui rappelle en ces termes :
Je ne croyais pas, je dois vous le dire, que ce qui s*est passé entre nous, ce qui est connu de nous deux seuls au monde y