‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 82 sur 166 · Consolations · texte numérisé non relu

Consolations

le ressort de sa vie morale a été comme brisé, s'il a cherché ailleurs en qui mettre son amour et sa foi, n'est-ce point une conséquence de cette désillusion terrible? N'est-ce point pour avoir ce jour-là perdu la conliance et perdu le bonheur?

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Pourtant, il agit avec une bonté pleine de noblesse. Il voulut croire que chez sa femme et chez son ami il n'y avait qu'un sentiment involontaire et réprimé. A Tune, il voulut conserver son amour, à l'autre, son amitié; autant qu'on peut le conjecturer, il lui demanda seulement d'interrompre, pour un certain temps, ses visites, et de s'imposer une espèce de stage, jusqu'à la guérison, qu'il espérait prochaine. Pendant cette absence nécessaire, il ne cessait point de lui montrer la plus tendre sollicitude et l'indulgence la plus touchante.

Vous faites bien de m*écrire, mon ami, lui disait-il dans une lettre du 24 décembre, vous faites bien pour nous tous. Nous lisons vos lettres ensemble, ma femme et moi, et nous parlons de vous avec une profonde amitié. Les temps que vous me rappelez sont pleins de douceur. Croyez-vous qu'ils ne reviennentjamais? Moi, je Tespère. Allez! j'aurai toujours joie à vous revoir, joie à vous écrire. Il n'y a dans la vie que deux ou trois réalités, et l'amitié en est une. Mais écrivonsnous, écrivons-nous souvent. Ce sont nos cœurs qui continuent à se voir. Rien n'est rompu.

Victor '.

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