‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 83 sur 166 · Correspondance, 1815-1835, p. 274 (^4 décembre · texte numérisé non relu

Correspondance, 1815-1835, p. 274 (^4 décembre

Il était si désireux de renouer leurs relations détendues, qu'au premier signe, il croyait son ami guéri. Sainte-Beuve envoyait-il, pour le 1" janvier, un petit cadeau à Léopoldine, bien vite Victor Hugo se hâtait de lui faire signe de revenir : le stage lui paraissait suffisant, et il écrivait triomphalement : « 1830 est passé M » Ainsi reprirent leurs relations. Sans doute elles restaient encore un peu fausses et gênées. Leurs intimes avaient remarqué leurs dissentiments; ils en avaient connu la cause ; le 9 février, Guttinguer écrivait à Sainte- Beuve : « Adieu. J'ai beaucoup entendu parler de vos amours, dont j'ai besoin d'avoir des nouvelles. Paix et bonheur à vous, mon ami, mais c'est difficile- ». Victor Hugo devait sentir les yeux de tous fixés sur son ami, sa femme et lui. Il ne pouvait s'empêcher parfois de laisser percer doucement sa douleur :

J'ai tant de choses à vous dire, tant de peines que vous me faites à vous conter, tant de prières à vous faire, mon ami, du plus profond de mon cœur, pour vous, Sainte-Beuve, qui m'êtes plus cher que moi...

Et il lui envoyait encore cette supplication :

N'avez-vous pas quelquefois l'idée que vous vous trompez,

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