‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 92 sur 166 · Lucrèce Borgia, note · texte numérisé non relu

Lucrèce Borgia, note

iiO LE LIVRE D'AMOUR DE SAINTE-BEUVE

L'objet de ces éloges enthousiastes, — et immérités, — Juliette Gauvain ou M"**' Drouet, a tenu dans la vie du poète la place que Ton sait. Le temps dura peu, où il Tadmirait de loin sans oser l'approcher ;

Car le baril de poudre a peur de rétincelle^.

Dès le mois de février, — M. Séché, scrupuleux annaliste de cette liaison, nous Tapprend-, — elle était devenue sa maîtresse, et elle ne s'est plus jamais séparée de lui.

La passion de Victor Hugo fut bien vite connue de tous et M"*" Hugo, à son tour, la sut. Voici en quels termes M. Paul Chcnay, son beau-frère, son ami et son confident, raconte cet épisode dans le livre qu'il a récemment dédié : A la mémoire vénérée de Af "" Victor Hugo ^,

Victor Hugo adorait sa femme, qui Taimait profondément; pour lui il n'y avait pas d'autre femme que son Adèle... Pendant plusieurs années, il résista victorieusement aux tentations offertes chaque jour à sa jeunesse; mais dans une telle lutte, il devait être vaincu... Juliette Drouet se faisait surtout remarquer au premier rang de celles qui poursuivaient le poète de leurs inlassables avances. Sa beauté était

Page 1