‹ Le livre d'amour de Sainte-Beuve,Chapitre 98 sur 166 · Livre cC amour ^ pièce XXXI · texte numérisé non relu

Livre cC amour ^ pièce XXXI

une bonne et chère amie, un ange qui le sait aussi, que vous vénérez comme moi et qui me pardonne et qui m'aime * » ; à ce moment-là même Sainte- Beuve célébrait sa yictoire. Dans des vers trop peu obscurs, il chantait ses rendez-vous avec Adèle, et la chambre où venait sa châtelaine^ et son rêve comblé; il laissait entendre qu'il avait obtenu ce qu'autrefois il faisait vœu de ne même point demander^. Cette année-là, Gultinguer son confident pouvait lui écrire :

Mes filles vont arriver dans quelques jours. Alors nous aurons grande illumination. La vôtre est-elle toujours en verres de couleurs? N'y en a-t-il point de cassé ou d'éteint? Cela dure bien longtemps! c'est bien admirable! (8 mai.)

Mon cher Sainte-Beuve, votre lettre m'a causé une extrême joie. Vous savoir toujours heureux est un embellissement de ma solitude. Je veux croire avec vous que rien ne changera dans une alliance aussi chère. Il y a bien des raisons pour le croire. Je les compte quelquefois. (4 juin.)

On croit que c'est tout d'arriver au port. Mais il reste à savoir ce qu'on y peut faire. Il faut donc croire, mon ami, que vous ne manquerez ni à l'un ni à l'autre, et que cette union est immuable. Il serait, en effet bien déplorable que ce fût autrement. Étrange histoire, que celle-là, où les noms sont aussi grands que l'événement. J'y porte souvent un regard curieux, j'y lis toute l'histoire du cœur humain, toute la femme! la femme de la Bible et de notre temps ! Je pense à vos vers, à ceux de ce pauvre Fouinet, A deux heureux! Encore dix ans et

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