‹ Le livre d'HénochChapitre 213 sur 278 · Je les vis tous enchaînés. Cf. Lxxxvin · texte numérisé non relu

Je les vis tous enchaînés. Cf. Lxxxvin

24. L'endroit profond et plein d'un feu aident est la Géhenne. Cf. Lxvii, 4-7; Lxxxviii, 1, et xvni, 11 ; xxi, 7.

26. Les brebis aveuglées , c'est-à-dire les Juifs apostats et hellénisants, qui n'avaient pas observé la loi du Seigneur ^cf. lxxxix, 32, 41, 51, 74 , ne sont pas jetées dans la même partie de la Géhenne que les anges déchus et les pasteurs. — A la droite de celle maison, c'est-à-

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vis en ce temps -là un précipice semblable et plein de feu s'ouvrir au milieu de la terre. Et on amena ces brebis aveuglées, et elles furent toutes jugées et (reconnues) pécheresses, et jetées dans cet abîme de feu^, et elles brûlèrent. Or ce précipice était ^ à la droite de cette maison 3. 27. Et je vis ces brebis brûler, et leurs os (eux-mêmes) brûlaient.

28. Et je me levai pour voir jusqu'à ce qu'il plia ^ cette vieille maison'', et on emporta toutes les colonnes; et toutes les poutres ainsi que les ornements de cette maison furent plies avec elles, et on les emporta et on les jeta dans un lieu'* à droite de la terre. 29. Et je vis jusqu'à ce que le Seigneur des brebis apporta une nouvelle

1 A : « dans cet abîme de la terre, qui (élaiti en feu. »

2 E, V : (( Et je vis ce précipice (qui) était. »

3 M : « à la droite de ce feu de la maison. »

4 M : « jusqu'à ce que fut submergée celle vieille maison. » — Les autres mss., sauf P, Y, N, onl : « jusqu'à ce qu'il immergea. » Nous avons adopté la correction de Dillmann.

5 M : « celle grande et vieille maison. »

6 G : i' dans une maison fqui élaiO dans un lieu. ))

dire au sud. Les Sémites s'orientaient en se tournant vers l'Orient. Cette maison est Jérusalem et le Temple (cf. lxxxix, 50, note, et 56, 66, 72). Le précipice est la Géhenne ou vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem. C'était là que les adeptes du culte de Moloch faisaient passer leurs enfants par le feu. Plus tard, on en fit le dépôt des immondices de Jérusalem, et c'est pour ces deux motifs que la vallée devint un objet d'horreur pour les Juifs. Isaïo, i.xvi, 24.

28. // plia celle vieille maison : disparition de l'ancienne Jérusalem. — Au lieu d' « ornements » , Flemming a traduit à tort par « chevilles », litt. : c dents, » oubliant la confusion des sifflantes, si fréquente dans les mss. éthiopiens. Cf. y. 29. — .1 droile de la terre. Cf. supra, la note sur la situation de la Géhenne.

29. Une nouvelle maison. C'est l'établissement de la nouvelle Jérusalem. Cf. Zacharie, ii, 2-îi; xiv, 10, 11; É^ech., xl-xlviii; Is., hv, 11-12 ; Lx; Aggée, ii, 9; llébr., xi, 16; xii , 22 ; Apec, xxi ; et dans les Apocryphes de l'Ancien Testament : IV Esdras, vu, 26; xiii, 36; Apoc. de Baruch, xxxii, 2.

maison, plus grande et plus élevée que la première, et il la dressa à la place de la première qui avait été pliée^. Et toutes ses colonnes étaient neuves , et ses ornements neufs ; et elle était plus grande que la première vieille - (maison) qu'il avait emportée, et toutes les brebis ^ étaient au milieu.

30. Et je vis toutes les brebis qui restaient, et tous les animaux qui étaient sur la terre, et tous les oiseaux du ciel ' se prosterner, adorer ces brebis et les supplier, et leur obéir ^ au moindre mot. 31. Ensuite ces trois qui ^ étaient vêtus de blanc me prirent par la main , — c'étaient ceux qui m avaient enlevé d'abord, — et la main de ce bélier me tenant, ils me firent monter' et me firent asseoir au milieu des brebis, avant que le jugement^ n'eût lieu. 32. Et ces brebis étaient toutes blancbes ; et leur

1 M omet « qui avait été pliée ».

- G omet « vieille ».

3 M, B, E, P, V, F, H, X : « et le Seigneur des brebis. ■.

■* E omet « et tous les oiseaux du ciel ".

^ G, Q omettent « et leur obéir ».

•j G, W : M ceux qui. »

" U omet a me firent monter ».

s M : « tout ce jugement. »

30. Conversion des Gentils. Dans la nouvelle Jérusalem , tous les peuples seront soumis aux Juifs et leur obéiront, et toutes les nations viendront invoquer le vrai Dieu. Cf. Is,, xiv, 2; liv, 3, ib; lx, 3-14; Michée, iv; Zacb., vin, 20-23; xiv, 16-19, etc.

31. Ces trois qui étaient vêtus de blanc. Cf. lxxxvii, 3. — La main de ce bélier. Ce bélier pourrait être Élie (cf. lxxxix, 52}; mais, dans le passage en question , Élie est désigné comme étant une brebis et non un bélier. — Avant que le jugement n'eût lieu. Si ce passage est authentique , il faut admettre , avec Dillmaun , que l'introduction d"Hénocb dans la nouvelle Jérusalem doit se placer chronologiquement avant les événements du y. 20 et suiv. Mais cette hypothèse soulève des difûcultés quil est difficile de résoudre.

32. Ces brebis étaient toutes blanches. C'est le symbole de leur innocence. Cf. lxxxv, 3, note. La belle toison est le symbole des fruits de la justice Dillmann .

toison, grande et pure. 33. Et toutes celles qui avaient péri et avaient été dispersées , et toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel se réunirent dans cette maison, et le Seigneur des brebis se réjouit d'une grande joie parce qu'ils étaient ^ tous bons et qu'ils étaient revenus à sa maison.

34. Et je vis jusqu'à ce qu'elles (les brebis) déposèrent 2 1 épée ■* qui avait été donnée aux brebis, et elles la rapportèrent dans la maison '■ , et on la scella en présence du Seigneur ; et toutes les brebis furent appelées ^ dans cette maison, mais elle ne les contint pas. 35. Et leurs yeux à toutes s'ouvrirent et elles y virent bien, et il n'y en eut pas une seule qui ne vît au milieu d'elles. 36. Et je vis que cette maison était grande et spacieuse et tout à fait pleine.

1 M : « jusqu'à ce qu'ils fussent. »

- Y ajoute : « pour toujours. »

3 W, en marge : « le pouvoir, » pour expliquer le mot « épée ».

'» Tous les mss., sauf G : « dans sa maison. » 5 Tous les mss., sauf G : « furent enfermées. »

33. Ce ne seront pas seulement les justes morts avant Tère messianique, ou les Juifs de la dispersion, qui participeront au royaume, mais encore les Gentils (bêtes sauvages, oiseaux du ciel), qui n'ont pas opprimé Israël, et qui n'ont pas été abîmés dans la terre (y. 15 et 18). Le royaume messianique est absolument universel. Cf. Is., xi, il et suiv. ; xxvi, 19. — Ils étaient tous bons et étaient revenus à sa maison. Tous les peuples se rendront à Jérusalem pour adorer le vrai Dieu. Cf. supra, jlf. 30 et note; Is., lx, 6-9; lxii, 3-5; lxv, 19; Sophon., III, 17 ; Luc, XV, 32.

34. Elles déposèrent l'épée, probablement celle qui a été donnée aux brebis (jt'. 19). C'est la paix universelle qui s'établit. On scelle l'épée, pour que la guerre soit définitivement abolie. — Elle ne les contint pas. L'aflluence sera si grande à Jérusalem , que la ville ne pourra contenir tous ses habitants. Cf. Is., xlix, 19-21; liv, 1-3; Zach., Il, 4 ; x, 10, etc.

35. Leurs yeux s'ouvrirent. Il n'y aura plus d'idolâtres , tous les peuples reconnaîtront le vrai Dieu.

37. Et je vis quun taureau blanc naquit, et ses cornes étaient grandes, et toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel le craignaient et le suppliaient en tout temps 1. 38. Et je vis jusqu'à ce que furent changées

1 Q : H en tout. »

37. D'après ce passage, ce serait seulement après rétablissement de la nouvelle Jérusalem que serait né le Messie, représenté par le taureau blanc aux grandes cornes. Ce passage prouve donc bien la différence d'origine de cette section et du livre des Paraboles dont l'auteur affirme la préexistence du Messie fcf. xlviii, 2, et lxx, i) et nous le montre prenant part au jugement et à l'établissement du royaume messianique (cf. lxii, l-2j. Pour accorder les deux doctrines, il faudrait supposer, ou bien, comme le propose Dillmann, que l'auteur rompt ici avec la suite chronologique des événements, dont il se préoccupe assez peu; il tient avant tout à donner un tableau complet du royaume messianique; il n'oublie donc pas le personnage principal , le Messie ; mais il ne prend pas garde qu'il aurait dû le faire entrer en scène au début de l'ère messianique ; — ou bien , qu'il ne faut pas prendre dans un sens strict l'expression « naquit », mais y voir seulement l'équivalent de « il apparut ». Le Messie apparaît pour recevoir éternellement les hommages des peuples dans son royaume définitivement établi. Toutes les nations se prosterneront devant lui. — Si l'auteur est fidèle à son symbolisme, il conçoit le Messie comme un homme , puisqu'il le représente par un taureau, et comme un homme juste, puisque c'est un taureau blanc.

38. Ils devinrent tous des taureaux blancs. Il n'y a plus de distinction entre les Gentils et Israël ; tous sont des taureaux blancs, c'està-dire de fidèles adorateurs de Dieu. Le Messie lui-même voit croître sa puissance , car il se transforme en un buffle aux grandes cornes noires. Les mss. éthiopiens ont tous lu : '< le premier au milieu d'eux devint la parole. » L'original hébreu portait probablement re'êm, « taureau, buffle. » Le traducteur grec, ne comprenant pas ce terme, l'aura simplement transcrit : pcitx. Le traducteur éthiopien , venant ensuite, a pris cette transcription pour le mot p'nf-^, qu'il a traduit par nagar, « parole ». — Goldschmidt propose une autre explication : le texte hébreu aurait porté : « le premier était un agneau Ithaleh), et cet agneau fut un grand animal. » Le texte n'étant pas vocalisé, le traducteur grec aurait lu miltah [nilh], « parole, » au lieu de thaleh [thlh). Cette explication est peu plausible : le premier n'était pas un agneau, mais un taureau (y. 37). — Si on voulait absolument s'en tenir au texte éthiopien, il ne faudrait pas oublier que nagar, « parole, chose, » ne désigne jamais le Verbe en éthiopien. C'est le mot qàl qui

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toutes leurs espèces, et ils devinrent tous des taureaux blancs, et le premier au milieu d'eux devint un buffle [et ce buffle était un grand animal], et il avait sur sa tête de grandes cornes noires, et le Seigneur des brebis se réjouit sur lui 1 et sur tous les taureaux. 39. Et moi j'étais couché au milieu d'eux, et je me réveillai après avoir tout vu.

40. Et telle est la vision que je vis lorsque j'étais couché ; puis je m'éveillai, et je bénis le Seigneur de justice, et je lui rendis gloire. 41. Après cela je versai des larmes abondantes, et mes larmes ne s'arrêtèrent pas jusqu'à ce que je ne pus plus y tenir : quand je voyais, elles coulaient sur ce que je voyais, car tout viendra et sera accompli ; et toutes les actions des hommes m'ont été montrées lune après l'autre. 42. Et dans cette nuit je me rappelai mon premier songe, et je pleurai et je me troublai à son sujet parce que j'avais vu cette vision.

1 Tous les mss. ont « sur eux », au lieu de « sur lui ».

est toujours employé comme équivalent de Logos, au sens de Jean, i. — Et le Seigneur des brebis se réjouit. Cf. Is., lxv, 19.

39. Je me rt'veillai après avoir tout vu, c'est-à-dire : « je compris tout. »

40. Lorsque j'étais couché. Cf. uxxxv, '.). — Et Je bénis le Seigneur. Cf. Lxxxiv, 1 et s.

41. Hénoch pleure sur les maux qui vont arriver au peuple d'Israël.

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