‹ Le livre d'HénochChapitre 40 sur 278 · LE PROBLEME LITTÉRAIRE LXXXIII · texte numérisé non relu

LE PROBLEME LITTÉRAIRE LXXXIII

traditions sur le séjour des âmes des justes avant le jugement * et sur la conversion des pécheurs -.

Son œuvre contient de nombreuses interpolations : ce sont d'abord les fragments noacliiques xxxix, 1-2=*; liv, 7- LV, 2; Lx, 1-6, et lxv-lxix, 2o; des interpolations diverses, Lx, 7-10, 24, 23 sur Béhémoth et Léviathan, et probablement les fragments sur les phénomènes physiques et les astres, xli, 3-8; xliii, à l'exception peut-être de 3 et 4; xLiv; Lix; LX , 11-23; lxix, 23^, qui brisent la suite du récit et roulent sur des sujets étrangers au Livre des paraboles. L'authenticité de lu, 4, est douteuse *.

Lxx et Lxxi représentent des traditions différentes de celles des Paraboles, surtout sur le Messie, car si la traduction éthiopienne est exacte, dans lxxi, 14, la « Tête des jours » attribue à Hénoch le titre et le rôle du Fils de l'homme^. Cette divergence est même trop grave pour ne pas révéler un auteur différent.

6° lxxii-lxxxii. Le Livre du changement des luminaires du ciel forme par son objet un traité tout spécial, d'un caractère différent de celui des autres parties. Le côté moral, qui prédomine dans le reste du livre, n'apparait ici que dans lxxx et lxxxii. D'après lxxx, le bel ordre décrit sera renversé aux jours des pécheurs, qui regarderont les étoiles comme des dieux. L'unité du livre est très apparente, malgré les données assez hétérogènes dont il a été formé ''. Il contient cependant quelques interpolations et il est incomplet. En outre, le dernier éditeur a introduit un certain désordre dans l'arrangement primitif des parties.

La description des douze vents de lxxvi parait authen-

* Voir supra, p. xxxv.

2 Voir infra, p. 102, note sur l.

' Voir infra, dans la traduction, notes sur tous ces passages.

* Voir infra les notes sur ces passages.

* Béer prétend que cette identification d'IIénoch a lieu aussi dans i.xx; deux manuscrits seulement contiennent la leçon sur laquelle il s'appuie. Voir infra, p. 158, variante 1.

fi Voir infra, p. 168 et 1"2, notes.

Lxxxiv LIVRE D'HÉNOCH

tique, bien qu'elle ne soit pas annoncée dans lxxii, l : dans le système de l'auteur, ell? est assez apparentée à la description de la marche des astres , puisqu'il fait pousser le char du soleil par le vent, lxxii, 5. Si l'élément moral n'est mis en relief que dans lxxx , il n'est pas nié dans le reste du livre, dont le sujet ne comportait guère d'ailleurs des exhortations haggadiques. On ne peut donc pas mettre en doute de ce chef l'authenticité de ce chapitre.

Il en est tout autrement de lxxvii. Que viennent faire au milieu de théories astronomiques les régions des quatre points cardinaux, et surtout les montagnes, les fleuves et les îles qui y sont décrites? L'interpolation de lxxxi est plus évidente encore : le sujet en est tout à fait étranger à celui de la section. Dieu fait lire à Hénoch le livre où sont inscrites les œuvres de tous les hommes jusqu'à l'éternité, et il lui fait confier par « ces sept saints » , dont il n'a pas été question dans le reste du livre, la mission de moraliser ses descendants. Le dernier éditeur n'a même pas cherché à rattacher^ de près ou de loin , cette mission aux théories astronomiques.

De plus, il semble que ce livre renferme trois conclusions : Lxxv, 3-7, qui résume tout ce qui précède, les lois des astres en général ; lxxix , qui résume surtout les lois de la lune, et lxxxii, 1-8, où le résumé est entremêlé de réflexions morales; lxxxii, 8, n'est même que la répétition partielle de lxxv, 3. Il est impossible de réunir ces trois conclusions en une seule.

Enfin LXXXII, 9-20, est incomplet à la fin', peut-être même au commencement, car il ne contient pas l'exposé de la loi suix^ant laquelle les étoiles se couchent , exposé dont LXXXII, 9, devait former la conclusion. De plus, il est déplacé : il devait se lire après la description des phases de la lune de lxxviii , et avant lxxix , 1 , qui annonce que la description des étoiles des cieux est terminée.

' Voir infra, p. 192. note.

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